Le virus Andes, une souche à part : la seule capable de se transmettre d’homme à homme
La souche identifiée à bord du MV Hondius n’est pas n’importe quel hantavirus. Le virus Andes, originaire d’Amérique du Sud, est à ce jour le seul hantavirus pour lequel une transmission interhumaine a été scientifiquement documentée. Cette particularité le distingue radicalement des autres souches connues, pour lesquelles seul le rongeur peut contaminer l’être humain.

Cette transmission entre personnes nécessite néanmoins un contact physique étroit et prolongé — cohabitation dans le même foyer, soins rapprochés, vie commune. Elle n’est pas comparable à la transmission aérienne du Covid-19 ou de la grippe, et ne se produit pas lors de contacts sociaux informels à distance. Selon l’OMS, le risque de propagation étendue reste faible, à condition que des mesures de protection élémentaires soient appliquées.
Sur le plan clinique, le virus Andes provoque un syndrome pulmonaire à hantavirus : après quelques jours de fièvre et de courbatures, l’état respiratoire peut se dégrader brutalement, conduisant à une détresse respiratoire sévère et un choc cardio-vasculaire. Il n’existe aujourd’hui ni traitement antiviral spécifique, ni vaccin disponible en Europe. La prise en charge reste symptomatique et repose sur la réanimation en milieu hospitalier.
En France, un virus bien présent mais sous contrôle : ce que dit la surveillance épidémiologique
Si l’affaire du MV Hondius concerne une souche exotique, la France n’est pas épargnée par le hantavirus. Le pays enregistre chaque année entre 100 et 300 cas d’infection, liés presque exclusivement au virus Puumala. Cette souche circule chez le campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus) et sévit principalement dans le quart Nord-Est du territoire : Ardennes, Lorraine, Franche-Comté, Alsace et Bourgogne.

Entre janvier et mars 2026, le Centre national de référence des hantavirus, rattaché à l’Institut Pasteur de Paris, a comptabilisé 19 cas confirmés, un chiffre dans la moyenne habituelle pour cette période de l’année. Les pics de cas sont généralement liés aux cycles naturels de reproduction des rongeurs, qui varient selon les années.
La bonne nouvelle : le virus Puumala est bien moins meurtrier que le virus Andes. Son taux de létalité est estimé à environ 0,4 % en Europe. Il provoque essentiellement des formes rénales modérées — fièvre, douleurs lombaires, atteinte transitoire des reins —, rarement fatales lorsqu’elles sont prises en charge rapidement. La transmission interhumaine n’a jamais été documentée pour cette souche sur le territoire français.
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