Météo-France balaie ces affirmations. L’institut rappelle qu’il établit des tendances climatiques jusqu’à trois mois à l’avance, mais qu’il ne produit pas de prévisions météorologiques détaillées pour la fin de l’année. Interrogée par TF1, la climatologue Lauriane Batté, du centre de prévisions de Météo-France, est explicite: « C’est parfaitement illusoire de vouloir anticiper sur ce type d’événements aussi longtemps à l’avance. »
El Niño dépasse +2,9 °C dans le Pacifique, mais son effet sur l’Europe est incertain
Un fait est bien établi: El Niño se renforce à grande vitesse. Après la disparition de La Niña au printemps, les températures de surface de l’océan Pacifique équatorial ont fortement augmenté. Selon La Chaîne Météo, l’anomalie atteignait jusqu’à +2,9 °C dans l’est du Pacifique équatorial en juillet. Les alizés s’affaiblissent et les précipitations tropicales se modifient, confirmant la présence du phénomène dans l’atmosphère.

Les projections sont sérieuses. D’après la dernière analyse du Climate Prediction Center, la probabilité d’un El Niño qualifié de « très fort » dépasse 90 % pour l’automne et l’hiver prochains. La probabilité que l’indice RONI atteigne ou dépasse +2,5 °C entre octobre et décembre 2026 est estimée à 69 %.
Mais la puissance d’El Niño ne se traduit pas mécaniquement en hiver glacial pour la France. Si ses effets sur les zones tropicales sont bien documentés — pluies, sécheresses, vagues de chaleur selon les régions —, son influence sur l’Europe est une autre affaire. Lauriane Batté l’explique clairement: sur le continent européen, « la réponse est nettement moins systématique et fiable ».
El Niño et La Niña: deux phases d’un même cycle
El Niño et La Niña sont les deux phases opposées d’un cycle climatique naturel lié aux variations de température de surface de l’océan Pacifique équatorial. El Niño correspond à un réchauffement de ces eaux, La Niña à un refroidissement. Ce cycle, appelé ENSO, influe sur les précipitations et les températures à l’échelle mondiale, avec des effets bien documentés dans les tropiques mais beaucoup moins prévisibles en Europe.
Le vortex polaire, un signal qui ne se lit qu’à quelques semaines
Les vidéos alarmistes s’appuient également sur le vortex polaire, une zone de basses pressions stratosphériques entourée de vents très puissants. En hiver, un réchauffement stratosphérique soudain peut l’affaiblir et provoquer des descentes d’air froid vers les moyennes latitudes, dont l’Europe.

Ce mécanisme est réel, mais il est imprévisible à l’échelle de plusieurs mois. Météo-France précise que ses éventuelles conséquences ne peuvent être identifiées que quelques jours ou quelques semaines avant leur apparition. Par ailleurs, les épisodes froids qui en résultent ne durent généralement pas tout l’hiver.
Quant au lien supposé entre El Niño et le vortex polaire, la science ne le valide pas suffisamment. « Il n’y a pas de lien robuste de cause à effet », souligne Lauriane Batté. La Chaîne Météo rappelle de son côté que l’Atlantique Nord, le jet-stream et la circulation stratosphérique seront également déterminants pour la saison à venir.
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