« Abasourdis » : c’est le mot employé par le président du syndicat des travailleurs pour décrire l’état des équipes. « La plupart des membres du personnel sont d’ailleurs rentrés chez eux », confie-t-il. Une réaction qui traduit autant le choc que l’impuissance face à une annonce tombée sans préavis réel. Après des années de service au sein d’un site stratégique, ces centaines d’employés se retrouvent soudainement privés de perspectives dans une région où les alternatives restent limitées.
Cette fermeture s’inscrit dans une vague plus large de suppressions de postes et de fermetures de boutiques en France, révélant une transformation profonde du modèle H&M.

Une Restructuration Justifiée Par Un Contexte Économique « Particulièrement Exigeant »
Pour H&M, cette décision ne relève pas du choix stratégique offensif, mais bien de la nécessité défensive. Le groupe suédois pointe un secteur de la mode pris dans un étau : « Depuis plusieurs années, le secteur de la mode évolue dans un environnement particulièrement exigeant », affirme l’entreprise dans son communiqué officiel.
Derrière cette formulation prudente se cache une réalité plus crue : la forte concurrence qui érode les marges et impose des arbitrages brutaux. Face à l’offensive des acteurs ultra-rapides comme Shein ou Temu, et à la montée en puissance du marché de la seconde main, H&M se retrouve coincé entre pression sur les prix et exigences logistiques croissantes.
La fermeture de Ghlin s’inscrit dans cette logique de rationalisation. Le groupe évoque « des ajustements et des évolutions nécessaires à l’organisation logistique en Europe du Sud ». Traduction : concentrer les flux vers l’Espagne et l’Italie permettrait de réduire les coûts d’exploitation tout en maintenant la couverture du marché sud-européen.

