En 2012, une lueur d’espoir semblait poindre. Le groupe hôtelier allemand Kempinski évoquait l’ouverture partielle de l’établissement, laissant entrevoir une possible résurrection du projet. Quelques mois plus tard, l’abandon du partenariat venait briser ces illusions. Le chantier retombait alors dans un silence de plomb qui allait durer des années.
Les raisons de cet enlisement ? L’absence criante d’investisseurs prêts à engager les sommes nécessaires pour finaliser l’aménagement intérieur. La pyramide de béton brut est devenue le symbole involontaire d’une planification défaillante, où la démesure architecturale s’est heurtée aux réalités économiques. Les activités hôtelières, censées générer des revenus substantiels pour le régime, n’ont jamais pu voir le jour.
Ce point mort s’est prolongé jusqu’en 2024, lorsque Pyongyang a décidé de changer radicalement de stratégie. Un appel à projets lancé via Radio Free Asia marque un tournant : le régime cherche désormais des partenaires étrangers capables de transformer en profondeur cet éléphant blanc architectural.

2024 : Un Projet De Casino Pour Ressusciter Le Géant Endormi
Ce changement de stratégie a porté ses fruits. Un promoteur étranger s’est manifesté, autorisé par le régime à développer des activités de casino dans les 105 étages de la pyramide. Selon Business Insider, l’investisseur envisage une transformation radicale de l’intérieur, exploitant les vastes espaces qui n’ont jamais été aménagés depuis le lancement des travaux en 1986.
Le projet marque une rupture audacieuse avec les ambitions hôtelières initiales. Là où le Ryugyong devait accueillir des chambres et des restaurants traditionnels, il pourrait désormais abriter des tables de jeu et des machines à sous. Cette reconversion vers le divertissement et les jeux d’argent traduit une volonté pragmatique : rentabiliser enfin un édifice qui a englouti près de 5 % du PIB national sans jamais générer un centime de revenus.
L’ampleur des travaux restants demeure considérable. L’aménagement intérieur reste en grande partie à finaliser, des installations électriques aux systèmes de climatisation, en passant par les finitions de luxe qu’exige un établissement de cette envergure. Le promoteur devra transformer une coquille de béton en complexe de divertissement fonctionnel.
Reste à savoir si ce pari audacieux attirera suffisamment de visiteurs dans un pays où le tourisme demeure strictement contrôlé et limité à quelques milliers de voyageurs occidentaux par an.

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