Le père d’Arthur a lui aussi plongé dans cette spirale. En pleine nuit, il a pris la route jusqu’à Berne pour tenter d’identifier un membre retrouvé dans les décombres. « J’ai reçu la photo de l’orteil d’un pied. On m’a demandé : ‘Est-ce que c’est votre fils ?’ », confie Laetitia Brodard, résumant l’absurdité cruelle de cette situation. Comment reconnaître son enfant à partir d’un fragment aussi infime ?
Face à l’absence de coordination centralisée, elle énumère désormais les villes où elle pourrait devoir se rendre : Bruxelles, Stuttgart, Milan, Fribourg, Lyon, Liège. Des établissements hospitaliers dont personne ne lui avait parlé initialement, découverts au hasard des recherches et des témoignages d’autres familles. « Si on doit le trouver par nous-mêmes, eh bien on se déplacera dans tous les hôpitaux où on nous annonce que peut-être il y a un de nos enfants », affirme-t-elle avec une détermination mêlée d’épuisement.
Chaque nouvelle piste représente un espoir fragile, mais aussi un déchirement supplémentaire dans cette attente insoutenable qui ne connaît pas de répit.
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