Acquéreurs du bar il y a seulement quatre ans, les Moretti semblaient avoir trouvé leur eldorado dans les hauteurs alpines. Mais derrière la façade du commerce florissant se cachait une réalité bien plus sombre. Les inspections révèlent des manquements criants aux règles élémentaires de protection contre les incendies, des défaillances qui ont directement contribué à la propagation fulgurante des flammes.
L’étau judiciaire se resserre. Si les preuves s’accumulent, le couple pourrait porter seul le poids d’une des pires catastrophes que la Suisse ait connues ces dernières décennies. Une responsabilité écrasante qui commence à révéler d’autres zones d’ombre dans leur parcours.

Les Pratiques Frauduleuses Révélées Par Un Ex-Employé
Derrière les manquements sécuritaires se cache un système de fraude bien rodé. Un ancien salarié du bar a accepté de témoigner auprès de France Télévisions, levant le voile sur les méthodes peu scrupuleuses de Jacques Moretti. « Les machines à pression pour la bière blonde étaient coupées volontairement par le patron, et on avait pour consigne de remplir les bières avec des canettes d’une marque qui s’appelle Saint-Gotthard. Il achetait ça chez Aldi », révèle-t-il.
La supercherie ne s’arrêtait pas là. Les clients qui commandaient de la Grey Goose, vodka haut de gamme vendue à prix fort, se voyaient servir un alcool bas de gamme. « On nous a demandé de garder les bouteilles vides de Grey Goose et de les remplir avec une bouteille bas de gamme », poursuit le témoin. Une pratique d’escroquerie pure qui permettait à Moretti de maximiser ses marges sur le dos des vacanciers.
Les employés n’étaient pas mieux traités. Pour compenser les heures supplémentaires non déclarées, tous percevaient une partie de leur salaire au noir. Un fonctionnement illégal qui révèle l’ampleur des dérives dans la gestion de La Constellation. Ces témoignages dessinent le portrait d’un patron habitué à contourner les règles, qu’elles concernent la qualité des prestations ou le droit du travail.
Ces révélations prennent aujourd’hui une dimension tragique : un homme capable de telles malversations quotidiennes pouvait-il accorder l’importance nécessaire aux normes de sécurité ? La question hante désormais l’enquête.

Un Passé Judiciaire Compromettant
Ce n’est pas la première fois que Jacques Moretti se retrouve face à la justice. En 2008, le gérant de La Constellation avait été condamné en Savoie à quatre mois de prison ferme dans une affaire de proxénétisme. Une condamnation qui jette aujourd’hui un éclairage troublant sur le profil de l’homme désormais soupçonné d’homicide involontaire.
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