L’épisode illustre une réalité qu’il formule clairement : islamophobie et antisémitisme procèdent de la même logique de haine, aveugle et interchangeable. « Les paroles et les actes islamophobes sont intolérables à entendre, au même titre que les actes antisémites », affirme-t-il, refusant toute hiérarchie entre les formes de racisme.
Les attentats de janvier 2015
Les 7, 8 et 9 janvier 2015, une série d’attaques terroristes frappe la France et fait 17 morts : d’abord à la rédaction de Charlie Hebdo à Paris, puis à Montrouge, et enfin à la supérette Hyper Cacher de la Porte de Vincennes. Ces attentats plongent le pays dans un débat intense sur le vivre-ensemble, l’identité nationale et la place de l’islam en France, forçant de nombreuses personnalités publiques à prendre position.
« La France c’est ma mère » : une déclaration d’identité devenue virale
Au-delà de l’anecdote, Jamel Debbouze utilise l’interview pour dessiner un autoportrait qui est aussi un portrait de la France. « Je suis français, musulman, artiste, je suis né à Barbès, j’ai grandi à Trappes, je suis père de deux enfants, marié à une chrétienne, une journaliste, très très belle, et ça pour moi, c’est la France. » En quelques mots, il incarne une identité plurielle, ni contradictoire ni fragile.

C’est dans cette interview qu’il lâche la phrase qui marquera les esprits : « La France c’est ma mère, on touche pas à ma mère. » Une formulation simple, affective, qui résonne dans un pays en deuil et en quête de cohésion. Le message porte d’autant plus qu’il vient d’un artiste qui avait toujours gardé sa foi à distance du débat public.
Il confie cette pudeur avec une franchise désarmante : « Aujourd’hui, j’ai presque besoin de le revendiquer, comme pour dire : ne vous inquiétez pas, on est pareils, malgré nos différences. » L’interview est partagée massivement, franchit le cap des 7 millions de vues lors de sa première diffusion, et plus d’un million de visionnages supplémentaires dans les six jours suivants.
« On ne tue pas au nom de Dieu » : une condamnation sans équivoque
Face aux caméras, Jamel Debbouze ne s’embarrasse pas de nuances sur la question terroriste. Sa position est tranchée : « On ne tue pas au nom de Dieu, ça n’existe pas. Le terrorisme n’a pas de religion. » Cette phrase, prononcée avec émotion, s’adresse autant aux auteurs d’actes de haine qu’à ceux qui voudraient amalgamer une communauté entière à ses éléments les plus criminels.

Sa vision de la religion est cohérente avec ce refus de la violence : « La religion c’est l’amour, la paix, la tolérance. » Il insiste sur le fait que les dix-sept victimes des attaques de janvier — tuées à la rédaction de Charlie Hebdo, à Montrouge et à l’Hyper Cacher — ne sauraient justifier ni retour de haine ni repli communautaire.
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