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17 septembre 2026
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Jean-Marc Morandini définitivement condamné pour corruption de mineurs : Canal+ renonce à l’évincer malgré sa promesse

Pour Me Anthony Mottais, avocat d’une des victimes, le constat est sans appel : « La justice, par trois fois, a reconnu qu’il a fait souffrir des mineurs. Le tout au moyen de son aura médiatique ». Cette formulation souligne le mécanisme central de l’affaire : l’instrumentalisation d’une influence publique pour commettre des infractions sur des personnes vulnérables.

Ces faits, désormais juridiquement établis, posent la question de la compatibilité entre un tel passé criminel et la poursuite d’une carrière médiatique exposée. Une interrogation d’autant plus légitime que Canal+ avait pris des engagements publics clairs à ce sujet.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

La Promesse Non Tenue De Canal+

Cette interrogation trouve une réponse troublante dans les archives de 2016. À l’époque, malgré les accusations pesant déjà sur Jean-Marc Morandini, Canal+ avait officialisé son embauche sur iTélé (devenue CNews), invoquant « le respect du principe de présomption d’innocence ». Le groupe avait toutefois assorti cette décision d’un engagement sans ambiguïté : « en cas de condamnation, Jean-Marc Morandini et iTélé ont d’ores et déjà prévu qu’il quitterait le groupe sans indemnité ».

Dix ans plus tard, alors que la condamnation est devenue définitive, cette promesse publique n’a pas été honorée. L’animateur continue de présenter Morandini Live sur CNews, comme si cet engagement formel n’avait jamais existé. Le contraste entre les déclarations de 2016 et la réalité de 2026 révèle un revirement stratégique que le groupe n’a jamais explicité publiquement.

Cette volte-face soulève des questions sur la crédibilité des engagements pris par les médias face à des affaires sensibles. En conditionnant initialement l’embauche au maintien de la présomption d’innocence, Canal+ avait défini un cadre éthique clair. Son abandon silencieux, maintenant que la justice a tranché par trois fois, interroge sur les véritables critères qui président aux décisions éditoriales de la chaîne.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

Le Maintien Controversé Sur CNews

Face à cette condamnation définitive, CNews a rapidement pris position. Mercredi 14 janvier, la chaîne a déclaré à l’AFP : « Jean-Marc Morandini continue son combat pour la justice et il reste à l’antenne sur CNews ». Une formulation qui évoque un « combat » alors même que la plus haute juridiction française vient de clore le dossier. L’animateur continuera donc de présenter Morandini Live, son émission quotidienne, comme si la décision de la Cour de cassation n’avait aucune incidence sur sa présence à l’antenne.

Cette annonce provoque l’incompréhension des parties civiles. Pour Me Anthony Mottais, avocat d’une victime, la situation est aberrante : « Il n’est désormais plus présumé innocent. La justice, par trois fois, a reconnu qu’il a fait souffrir des mineurs. Le tout au moyen de son aura médiatique ». L’avocat pointe du doigt ce paradoxe : un homme condamné pour corruption de mineurs, interdit d’exercer toute profession au contact d’enfants, conserve une tribune médiatique quotidienne.

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