Le cyclisme belge est en deuil. Jilke Michielsen, multiple championne nationale dans les catégories débutantes, est décédée vendredi 15 mai 2026 à l’âge de 19 ans, des suites d’un sarcome d’Ewing — un cancer des os rare et agressif diagnostiqué il y a trois ans. Ses proches ont annoncé la nouvelle sur Instagram avec les mots qu’elle leur avait laissés : « Ne te prends pas la tête, profite simplement. »
En bref
- —Décédée le 15 mai 2026 à 19 ans d’un sarcome d’Ewing incurable.
- —Triple championne de Belgique en l’espace de deux saisons.
- —A organisé elle-même ses obsèques pour en faire un moment de joie.
Une carrière fulgurante, stoppée à l’aube de la gloire
Originaire de Flandre, Jilke Michielsen s’était imposée en 2022 comme l’une des grandes promesses du vélo belge féminin. Sur route, elle décrochait le titre de championne de Belgique chez les débutantes. Sur piste, elle s’emparait dans la foulée du maillot tricolore en omnium. La même année, elle prenait la 8e place du Tour des Flandres juniors, une compétition remportée ce jour-là par la Britannique Zoe Backstedt.

L’année suivante, en 2023, elle ajoutait à son palmarès un troisième titre national en s’imposant au championnat de Belgique du contre-la-montre chez les débutantes de deuxième année. Un palmarès dense, précoce, porteur de toutes les promesses — avant que le diagnostic ne vienne tout arrêter.
Un sarcome d’Ewing : le cancer des os qui a tout changé
Il y a environ trois ans, Jilke Michielsen apprenait qu’elle était atteinte d’un sarcome d’Ewing, une forme rare et particulièrement agressive de cancer des os. Le diagnostic mettait immédiatement un terme à sa carrière sportive. Elle entamait alors un parcours de soins intensif — chimiothérapie, traitements — qui avait, dans un premier temps, laissé espérer une rémission.

Mais en mars 2025, le cancer récidivait sous une forme déclarée incurable. Le 14 avril 2026, Jilke Michielsen annonçait sur Instagram qu’elle devait interrompre sa chimiothérapie : son corps ne produisait plus suffisamment de globules pour supporter les traitements. « Mon corps ne peut plus suivre », écrivait-elle simplement, sans pathos. Moins d’un mois plus tard, le 15 mai 2026, elle s’éteignait.
Qu’est-ce que le sarcome d’Ewing ?
Le sarcome d’Ewing est une tumeur maligne primitive de l’os : elle naît dans le tissu osseux lui-même, contrairement aux métastases osseuses qui proviennent d’un autre cancer. Il touche principalement les enfants, adolescents et jeunes adultes, avec une incidence maximale entre 10 et 25 ans, ce qui en fait l’un des cancers des os les plus représentés dans cette tranche d’âge. C’est aussi l’une des formes les plus agressives. En cas de rechute après un premier traitement, le pronostic est particulièrement sombre — ce qui explique pourquoi la maladie de Jilke Michielsen est devenue rapidement incurable après sa récidive de mars 2025.
Debout jusqu’au bout : études, adieux choisis et dernier message
Face à la maladie, Jilke Michielsen avait refusé de se laisser réduire à son état de santé. Elle s’était inscrite en sciences biomédicales à l’Université d’Anvers, continuant à construire un avenir malgré les traitements et l’incertitude. Ce choix d’études — la biomédecine, science du vivant et de la guérison — résonnait comme un acte de résistance autant que comme une vocation.

Lucide sur son état, elle avait pris la décision, rarissime, d’organiser elle-même ses funérailles. « Je veux organiser quelque chose dont je serai jalouse moi-même, car je ne pourrai pas y assister », confiait-elle en avril au média belge SudInfo. « Je veux que ce soit un moment magnifique pour mes proches. Il ne faut pas que ce soit un moment triste, je veux en faire quelque chose de beau pour tout le monde. » Elle souhaitait une cérémonie « belle et colorée ».
Ses derniers mots, transmis par ses proches sur Instagram le jour de son décès, résument à eux seuls une philosophie de vie forgée face à l’inacceptable : « Ne te prends pas la tête, profite simplement. »
Le monde du cyclisme sous le choc
L’annonce du décès de Jilke Michielsen a provoqué une vague d’émotion immédiate dans le milieu du cyclisme belge. L’équipe Lotto-Intermarché a été parmi les premières à réagir, publiant un sobre hommage : « Repose en paix, Jilke. » La RTBF, la VRT et l’ensemble de la presse sportive francophone et néerlandophone ont salué la combativité de la jeune athlète, soulignant l’ampleur de la perte pour un sport qui avait cru en elle dès ses premiers titres nationaux.

Le cyclisme belge féminin, qui a produit ces dernières années plusieurs générations de championnes de premier plan, perd avec Jilke Michielsen l’une de ses promesses les plus éclatantes. À 19 ans, elle n’avait pas encore atteint l’âge de concourir dans la catégorie élite. Tout restait devant elle. C’est précisément ce qui rend sa disparition si difficile à accepter pour ceux qui l’avaient suivie depuis ses débuts.

