Le 21 février à Provins, Jordan Bardella a tranché. Venu…

Le RN Assume Une Rupture Franche Avec Les Organisations Radicales
Le 21 février à Provins, Jordan Bardella a tranché. Venu soutenir Julien Limongi pour les municipales, le président du Rassemblement national a posé une ligne rouge sans équivoque : « Nous n’avons aucun lien de près ou de loin avec des organisations d’ultradroite ». Une déclaration qui intervient dans un climat de tensions exacerbées, quelques jours avant la marche prévue à Lyon en hommage à Quentin Deranque, militant d’extrême droite tué dans des circonstances violentes attribuées à l’ultragauche.
Bardella ne s’est pas contenté d’un démenti défensif. Il a franchi un cap en annonçant que, s’il accède au pouvoir, il prononcera « la dissolution des milices d’ultragauche, mais aussi d’ultradroite ». Cette promesse, rare dans le discours du RN, marque un tournant rhétorique. En visant explicitement les deux extrêmes, le parti cherche à couper court aux accusations de complaisance et à se positionner comme garant de l’ordre républicain face à toutes les violences.
Cette stratégie de démarcation n’est pas anodine. Elle répond à une nécessité politique pressante : éviter que des mouvances radicales ne captent l’attention médiatique au détriment de l’image du parti. En traçant cette frontière nette, Bardella tente de neutraliser les polémiques récurrentes qui fragilisent sa crédibilité auprès d’un électorat en quête de respectabilité institutionnelle. Reste à savoir si cette rupture affichée suffira à effacer les zones d’ombre qui persistent dans l’histoire militante du mouvement.

Les Fantômes Du Passé : Les Exclusions Qui Embarrassent Encore Le Parti
Malgré les assurances publiques, le passé militant du RN laisse des traces difficiles à effacer. En juin 2024, Jordan Bardella avait déjà évoqué le GUD (Groupe Union Défense), mouvement étudiant d’extrême droite dissous la même année après des décennies d’activisme violent. Cette référence n’était pas anodine : elle visait directement des figures compromettantes restées longtemps dans l’orbite du parti.
Parmi elles, Gabriel Loustau, fils d’Axel Loustau, ancien élu RN, et Frédéric Châtillon, ex-président du GUD et proche historique de Marine Le Pen. Leur implication dans des actes de violence homophobe a contraint la direction à prendre des sanctions, sous la pression médiatique et interne. Ces exclusions révèlent une réalité inconfortable : des liens documentés entre d’anciens cadres et des réseaux violents, malgré les démentis répétés.
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