📌 Lance-roquettes français obsolètes en 2027 : quelles solutions ?
Posted 10 mai 2026 by: Admin
L’armée de Terre française se trouve face à une échéance critique : ses lance-roquettes unitaires (LRU) deviendront obsolètes dès 2027. Le programme national de remplacement, baptisé frappe longue portée terrestre (FLP-T), accuse déjà des retards. Des solutions intermédiaires sont désormais activement étudiées pour éviter une rupture capacitaire.
En bref
- —Les LRU français seront hors service dès 2027
- —Le programme FLP-T, lancé en 2023, est déjà retardé
- —Le K239 Chunmoo sud-coréen s’impose comme favori
Une obsolescence programmée qui met la pression
L’armée de Terre française dispose aujourd’hui de lance-roquettes unitaires (LRU) dont la fin de vie est fixée à 2027. Cette échéance, connue de longue date, prend une résonance particulière dans le contexte géopolitique actuel, marqué par la guerre en Ukraine et les tensions au Moyen-Orient.

Le conflit ukrainien a en effet rappelé avec force l’importance des systèmes d’artillerie modernes dans une guerre à haute intensité. Or, la France ne dispose que de quelques plateformes qualifiées de «vieillissantes» par Léo Péria-Peigné, chercheur à l’Institut français des relations internationales (Ifri), dans un récent rapport.
La situation est d’autant plus préoccupante que les munitions de ces systèmes dépendent de licences américaines, ce qui limite la souveraineté opérationnelle de la France en cas de crise internationale.
Le FLP-T : un programme national déjà à la traîne
Pour répondre à ce défi sur le long terme, la France a lancé en 2023 le programme frappe longue portée terrestre (FLP-T), destiné à doter l’armée de Terre d’un système d’artillerie nationale de nouvelle génération.

Mais ce programme accuse déjà des retards, selon BFM Business. Le décalage entre l’obsolescence des LRU en 2027 et la livraison effective du FLP-T crée ainsi une fenêtre de vulnérabilité capacitaire que les autorités militaires cherchent à combler.
Léo Péria-Peigné préconise une stratégie en deux volets : déployer rapidement une solution intermédiaire dans l’immédiat, tout en poursuivant le développement du FLP-T pour le long terme. Une approche pragmatique face à l’urgence de la situation.
L’artillerie longue portée, leçon de la guerre en Ukraine
Le conflit en Ukraine a démontré le rôle central des systèmes d’artillerie à longue portée dans les guerres modernes de haute intensité. Des systèmes comme le HIMARS américain ont profondément influencé le cours des opérations. Cette réalité a poussé de nombreux pays européens à accélérer la modernisation de leurs capacités d’artillerie.
Le K239 Chunmoo, candidat favori parmi plusieurs options
Parmi les solutions intermédiaires envisagées, le K239 Chunmoo sud-coréen s’impose comme le candidat privilégié selon le chercheur de l’Ifri. Ce système est déjà en service en Pologne, Estonie et Norvège, et a été testé dans d’autres pays, ce qui lui confère une précieuse interopérabilité avec les partenaires européens et internationaux de la France.

Une option de location auprès de la Pologne est même évoquée pour accélérer sa mise en service, réduisant ainsi les délais d’acquisition habituellement longs dans le domaine de la défense.
D’autres alternatives restent toutefois sur la table : le HIMARS américain, système éprouvé notamment en Ukraine, et le PULS, développé conjointement par Israël et l’Allemagne. Chaque option présente ses propres avantages en termes de performances techniques et de disponibilité.
Des critères stratégiques autant que techniques
Le choix du système intermédiaire ne se limitera pas aux seules performances militaires. Les considérations géopolitiques et stratégiques joueront un rôle déterminant, notamment la volonté affichée de la France de privilégier des systèmes d’origine européenne lorsque cela est possible.

Cette préférence européenne s’inscrit dans une tendance de fond au sein de l’Union européenne, qui cherche à renforcer son autonomie stratégique en matière de défense, en réduisant sa dépendance vis-à-vis des équipements américains.
La décision finale devra donc arbitrer entre disponibilité immédiate, interopérabilité avec les alliés, souveraineté industrielle et cohérence avec la politique de défense européenne. Un exercice d’équilibre délicat dans un contexte international particulièrement tendu.
Face à l’obsolescence imminente de ses lance-roquettes unitaires, la France se trouve à un carrefour stratégique. Le programme FLP-T, bien que porteur d’une vision nationale à long terme, ne pourra pas combler seul le vide capacitaire qui se profile dès 2027. Le choix d’une solution intermédiaire — qu’il s’agisse du K239 Chunmoo, du HIMARS ou du PULS — engagera non seulement des considérations militaires, mais aussi des équilibres diplomatiques et industriels. La décision qui sera prise dans les prochains mois dira beaucoup de la capacité de la France à concilier urgence opérationnelle et ambitions d’autonomie stratégique européenne.









