À l’issue du processus, il ne reste que les os du défunt, soigneusement rincés, séchés, puis réduits en poudre à l’aide d’un appareil spécialisé appelé le crémulateur. La famille reçoit ces cendres, comme après une crémation traditionnelle. Le coût de la prestation serait similaire, voire légèrement supérieur, à celui d’une crémation classique.
Des funérailles en pleine mutation
En France, la crémation représentait à peine 1 % des obsèques en 1980. Elle en représente désormais 46 % selon une enquête OGF-Ipsos de 2024, soit près d’une sur deux. Cette évolution profonde des pratiques funéraires reflète des changements de mentalité qui pourraient, à terme, ouvrir la voie à d’autres alternatives comme l’aquamation, l’humusation ou la cryomation.
Sept fois moins polluant que la crémation : un bilan écologique sans équivalent
Le principal avantage mis en avant par les partisans de l’aquamation est son empreinte carbone très réduite. Une crémation classique génère en moyenne 320 kilogrammes de dioxyde de carbone, principalement en raison de la combustion à haute température et de la consommation de combustibles fossiles nécessaire aux fours crématoires.

L’aquamation, elle, émettrait sept fois moins de CO₂. Le procédé n’utilise pas de flammes et les effluents liquides issus du processus sont traités par le réseau d’assainissement, évitant toute émission directe dans l’atmosphère.
Ces chiffres prennent d’autant plus de relief que la crémation est en plein essor. À mesure qu’elle se normalise dans les sociétés occidentales, la question de son impact environnemental devient centrale pour un nombre croissant de familles qui souhaitent des obsèques cohérentes avec leurs convictions écologiques.
L’Écosse pionnière : une légalisation historique au Royaume-Uni
Le 2 mars 2026, le Parlement écossais a adopté les règlements autorisant officiellement l’aquamation sur son territoire, devenant ainsi le premier pays du Royaume-Uni à franchir ce cap. La ministre écossaise de la Santé publique, Jenni Minto, a qualifié la pratique d’« alternative respectueuse de l’environnement », saluant une avancée en phase avec les attentes d’une population de plus en plus soucieuse de son empreinte écologique.

Toutefois, la légalisation ne signifie pas que les premières cérémonies pourront avoir lieu immédiatement. Des infrastructures spécifiques doivent être construites et des autorisations administratives obtenues. La société Kindly Earth, qui détient les droits exclusifs de fabrication des équipements d’hydrolyse alcaline au Royaume-Uni, estime qu’il faudra jusqu’à neuf mois avant que le premier établissement soit opérationnel. Un accord devra également être conclu avec Scottish Water, chargée de gérer les effluents issus du processus.
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