L’Exception qui Accuse le Système : Quand la Justice Française Échoue 99 % des Victimes
Son parcours est-il représentatif ? La journaliste Sego Raffaitin tranche sans détour : « L’histoire de Gisèle Pélicot n’est pas celle de beaucoup de victimes ». Derrière l’icône, la réalité statistique est accablante.
En septembre dernier, le Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes publiait un rapport pointant les failles structurelles de la justice française face aux violences sexuelles. Les chiffres sont implacables : seulement 8 % des victimes de viol ou de tentative de viol déposent plainte. Parmi ces dossiers, moins de 10 % aboutissent à une condamnation effective. Le calcul final est brutal : à peine 1 % des auteurs de viol seraient réellement sanctionnés.
Ce que le procès de Mazan a offert à Gisèle Pélicot — une instruction aboutie, des condamnations prononcées, une reconnaissance judiciaire — constitue donc une exception absolue dans un système profondément défaillant. Pour l’écrasante majorité des victimes, le silence s’impose non par choix, mais par défiance envers une justice perçue comme inaccessible, voire hostile.
L’onde de choc mondiale provoquée par son livre et son procès révèle ainsi une double vérité : celle d’une femme extraordinaire dans sa résistance, et celle d’un système ordinairement incapable de protéger celles qui lui ressemblent. Une contradiction que la société française ne peut plus ignorer.
Articles suggérés
195 € subtilisés, 19 ans d’ancienneté perdus: la justice valide le licenciement
Une caissière d'Auchan à Saragosse, en Espagne, a été licenciée sans indemnité après 19 ans de service, pour avoir soustrait 195 euros du portefeuille…

