
Cette différence de désir entre deux personnes partageant le même corps constitue une situation sans équivalent dans les représentations habituelles du couple. Elle implique que toute relation amoureuse engage nécessairement les deux sœurs, quelle que soit la volonté de l’une ou de l’autre. La gestion de cette réalité repose entièrement sur la communication et les compromis entre elles.
En partageant leur histoire, Mia et Lia disent vouloir protéger d’autres jumelles siamoises d’un flot de questions intrusives. Leur démarche sur Reddit s’inscrit dans une logique de reprise de contrôle: raconter elles-mêmes, avec leurs mots, plutôt que de laisser les suppositions circuler librement en ligne.
Des réactions physiologiques communes et un risque médical qui dicte leurs choix
Au-delà des questions d’orientation, les sœurs décrivent une connexion corporelle qui dépasse la sexualité. « L’excitation est une communication hormonale complexe entre le cerveau et les organes génitaux. Donc, même si ce n’est pas vous qui êtes excité, vous pouvez en quelque sorte sentir que vos organes génitaux le sont, sans pour autant l’être vous-même », expliquent-elles.

Cette connexion physiologique s’étend à d’autres fonctions vitales. « C’est pareil pour d’autres choses. Par exemple, je peux sentir quand elle a faim même si je n’ai pas faim, ou quand elle est anxieuse à cause de son rythme cardiaque, alors que je ne le suis pas. » Le corps partagé transmet des signaux biologiques indépendamment de la volonté ou de l’état émotionnel de chacune.
C’est précisément ce partage anatomique qui fonde leur décision la plus radicale sur le plan de la santé reproductive. « Ma sœur et moi avons toutes les deux des pulsions sexuelles et ressentons de l’excitation, mais nous avons convenu très tôt de ne pas avoir de relations sexuelles, car ce serait très inconfortable pour nous deux et le risque de grossesse est trop important. Si nous tombions enceintes, il y a de fortes chances que nous mourions », déclarent-elles. Ce risque médical majeur est au cœur de leur choix, avant toute considération morale.
La tendresse comme alternative choisie, l’humour comme bouclier
Mia et Lia ne réduisent pas leur vie intime à ce qu’elles ont écarté. Elles décrivent une forme d’intimité affective pleinement assumée avec leurs partenaires: « Nous continuerons à avoir des relations intimes avec nos partenaires. J’embrasserais, je câlinerais et je ferais des bisous à ma copine. Mais comme elle était asexuelle, cela ne posait aucun problème. C’est ce qui nous convient. »
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