Un ouvrage intitulé Président cambrioleur, signé par la journaliste Corinne Lhaïk, lève le voile sur des aspects peu connus de la présidence d’Emmanuel Macron. Entre frustration envers les médias, éclats de colère privés et passion ancienne pour l’écriture, le portrait qui en ressort tranche avec l’image lisse habituellement renvoyée par l’Élysée.
En bref
- —Macron aurait traité des journalistes de BFMTV de « connards »
- —Le président confie : « Les Français ne savent pas qui je suis »
- —Macron aurait écrit deux romans restés confidentiels
Une enquête de fond sur une présidence sous pression
Corinne Lhaïk suit Emmanuel Macron depuis 2011. À la fin de l’été dernier, elle a pu échanger directement avec lui dans le cadre de son ouvrage, présenté comme un roman mais fondé sur une enquête journalistique sérieuse.

Pour nourrir son récit, la journaliste a multiplié les entretiens avec des personnalités proches du chef de l’État. Selon L’Express, elle a notamment rencontré « la Première dame, des ministres, responsables politiques, collaborateurs, économistes, ainsi que des intellectuels ».
Le résultat est un portrait en creux d’une présidence, révélant des facettes que les apparitions officielles ne laissent pas transparaître. Les relations entre Emmanuel Macron et la presse, décrites comme froides depuis le début de son mandat, occupent une place centrale dans l’ouvrage.
Une colère privée contre BFMTV
L’un des épisodes les plus marquants rapportés par l’ouvrage remonte à juillet 2020, en plein remaniement ministériel. Selon Paris Match, Emmanuel Macron, devant sa télévision, se serait emporté en déclarant à propos de BFMTV : « Regarde-moi ces connards ! ».

Cette sortie verbale illustre une frustration profonde du président envers les chaînes d’information en continu, qu’il juge responsables d’une image déformée de sa personne et de son action.
Le même ouvrage cite une confidence révélatrice : « Les Français ne savent pas qui je suis ». Une phrase qui résume, selon Corinne Lhaïk, le sentiment d’incompréhension qu’éprouve Emmanuel Macron face au traitement médiatique de sa présidence.
Macron et la presse : une relation sous tension
Depuis le début de son mandat, Emmanuel Macron entretient des rapports distants avec les médias. Le chef de l’État accorde peu d’interviews spontanées et contrôle soigneusement sa communication. L’ouvrage de Corinne Lhaïk est l’une des rares enquêtes à s’appuyer sur des témoignages directs de son entourage proche.
Un président aux ambitions littéraires secrètes
L’enquête révèle également une passion méconnue d’Emmanuel Macron pour l’écriture. À l’âge de 19 ans, il aurait rédigé un premier roman de type picaresque, contenant notamment une histoire d’amour. Seule Brigitte Macron aurait eu accès à ce texte.

Un second écrit, plus énigmatique, est également mentionné. Centré sur une femme âgée et mystérieuse, ce texte n’a jamais été rendu public. Ces deux œuvres témoignent d’un goût pour la fiction qui accompagne le président depuis sa jeunesse.
Ces révélations dessinent un profil plus complexe que celui du technocrate souvent décrit : un homme nourri de culture et d’écriture, mais qui a choisi de garder cette part de lui-même à l’écart de la vie publique.
Un précédent présidentiel : Sarkozy et ses propres dérapages
La sortie de Macron contre BFMTV n’est pas sans rappeler d’autres éclats présidentiels restés dans les mémoires. Nicolas Sarkozy avait lui aussi été au cœur de polémiques similaires durant son mandat.

Interrogé sur l’un de ses propres dérapages verbaux lors d’un entretien avec TF1, l’ancien président avait reconnu son erreur sans détour : « Un président ne devrait pas faire ça, c’était une erreur voire une faute ».
Sarkozy avait toutefois revendiqué une certaine authenticité, déclarant : « Je n’aurais jamais dû dire ça, mais je suis ce que je suis », avant d’ajouter : « Je préfère 100 fois ce risque à celui de l’indifférence, de l’absence de sentiment ». Une manière d’assumer les aspérités d’une personnalité publique exposée en permanence.
L’ouvrage de Corinne Lhaïk offre un éclairage rare sur la face cachée d’une présidence souvent perçue comme froide et distante. Entre colères privées, frustrations médiatiques et aspirations littéraires tenues secrètes, le portrait d’Emmanuel Macron qui en ressort est celui d’un homme plus complexe que son image officielle ne le laisse supposer. Ces révélations rappellent, après l’exemple de Nicolas Sarkozy, que la fonction présidentielle n’efface pas entièrement l’humanité — ni les failles — de ceux qui l’exercent.


