La mort de Ricardo Ortiz ravive également le souvenir de Víctor Barrio, dernier torero professionnel tué en arène en 2016 à Teruel. Entre ces deux drames, dix ans se sont écoulés, période durant laquelle la pratique a survécu mais s’est fragmentée. Si les accidents mortels demeurent exceptionnels lors des corridas elles-mêmes, celui d’Ortiz rappelle que les coulisses comportent des dangers méconnus du grand public. Le déchargement des taureaux, opération technique apparemment banale, expose les professionnels à des risques comparables à ceux affrontés dans l’arène.
Ce drame soulève une question rarement évoquée dans le débat national : au-delà des toreros sous les projecteurs, combien d’hommes de l’ombre risquent leur vie pour perpétuer cette tradition ? La disparition d’Ortiz, gestionnaire discret plutôt que vedette flamboyante, illustre la face cachée d’un spectacle où chaque maillon de la chaîne demeure exposé à la violence imprévisible des taureaux.

