L’extradition, un obstacle juridique majeur
L’Algérie ne procède pas à l’extradition de ses propres ressortissants, en application d’un principe partagé par de nombreux États. Lorsqu’un ressortissant algérien soupçonné de crime se réfugie en Algérie, la France ne peut que solliciter une coopération judiciaire bilatérale, sans pouvoir contraindre Alger à livrer le suspect. L’issue dépend alors de négociations diplomatiques dont le calendrier échappe entièrement aux enquêteurs.
Une série noire : quand les féminicides se terminent en fugues à l’étranger
L’affaire de Saint-Étienne-de-Montluc n’est pas isolée. En mars 2026, la France a été secouée par le dossier des disparues de l’Aveyron : Audrey et Angela, l’ex-femme et la compagne de Cédric Prizzon, ancien policier, ont été retrouvées mortes au Portugal. Prizzon avait organisé sa fuite à l’étranger avec ses enfants avant d’être finalement interpellé. Selon les enquêteurs, il aurait contraint son fils de 12 ans à monter la garde pendant qu’il dissimulait les corps.

Ces affaires ravivant également le souvenir de l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, qui remonte à tout juste quinze ans. Ce père de famille nantais, soupçonné du meurtre de son épouse et de ses quatre enfants, n’a jamais été retrouvé et demeure introuvable à ce jour — un cas qui a profondément marqué l’inconscient collectif français.
Au-delà des coïncidences, ces dossiers posent une question de fond : celle de la capacité des institutions à protéger les femmes menacées avant qu’il ne soit trop tard, et à interpeller des suspects qui ont eu le temps d’organiser leur fuite hors de portée. Un débat que ces affaires successives ne manqueront pas de relancer.
Trois semaines après la disparition de Manon Relandeau, les enquêteurs se trouvent face à une impasse provisoire : pas de corps retrouvé, un suspect hors de portée, et une enfant de 15 mois dont le sort demeure inconnu. Si la thèse du féminicide est aujourd’hui la plus sérieusement envisagée par le parquet de Nantes, seul l’aboutissement de l’enquête permettra d’établir la vérité. Survenant quelques semaines à peine après le dénouement tragique de l’affaire des disparues de l’Aveyron, ce dossier rappelle avec une brutalité renouvelée que les violences conjugales mortelles ignorent les frontières. Les défis judiciaires et diplomatiques qui attendent les autorités françaises constitueront autant d’épreuves pour la capacité de la France à obtenir justice, même au-delà de ses propres frontières.
Articles suggérés
Littoral héraultais: « 30 à 50 % de CA en moins » pour les commerçants
L'été 2026 s'annonce difficile pour les professionnels du littoral héraultais. À Carnon et Palavas-les-Flots, restaurateurs et commerçants constatent une désaffection touristique marquée, avec des…

