Le 16 avril, près de trois semaines après la disparition, la gendarmerie publie un appel à témoins public. Il décrit Manon Relandeau comme une femme d’1,60 m, mince, aux cheveux châtains longs et ondulés. Toute personne disposant d’informations est invitée à appeler le 0800 877 668, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. À ce jour, les recherches n’ont pas permis de retrouver la jeune femme.
Féminicide présumé et obstacle diplomatique : une double impasse
Pour les associations qui recensent les violences conjugales en France, cette affaire s’inscrit dans une liste tragique. Le collectif Féminicides par compagnons ou ex recense Manon Relandeau comme le 30e féminicide présumé de l’année 2026 en France — un rythme qui rappelle l’ampleur persistante de ce phénomène malgré les plans d’action successifs des pouvoirs publics.

À la dimension humaine de cette affaire s’ajoute un obstacle diplomatique majeur. La France et l’Algérie ne sont pas liées par un accord d’extradition. Si Karim Boukhari se trouve bien sur le territoire algérien, sa remise aux autorités françaises n’est pas automatique et dépend d’une coopération au cas par cas, soumise aux aléas de relations bilatérales régulièrement tendues ces dernières années.
La situation d’Inaya, 15 mois, constitue par ailleurs un enjeu distinct et urgent. L’enfant a été emmenée à l’étranger sans le consentement de sa mère — disparue ou non —, ce qui fonde la qualification d’enlèvement de mineur retenue par le parquet. Les autorités françaises restent dans l’incertitude totale quant à ses conditions de vie et à son état de santé.
Près d’un mois après la disparition de Manon Relandeau, l’enquête se heurte à une double impasse : aucun corps n’a été retrouvé malgré des moyens considérables, et le principal suspect se trouve hors d’atteinte immédiate dans un pays sans accord d’extradition avec la France. Le sort de la petite Inaya, 15 mois, reste lui aussi une inconnue douloureuse pour la famille. Les gendarmes continuent de solliciter l’aide du public via le 0800 877 668, disponible à toute heure. Cette affaire illustre, avec une acuité particulière, les limites de la réponse judiciaire face aux féminicides lorsque la fuite internationale vient s’y ajouter.
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