Depuis son départ, Karim Boukhari a contacté des proches par téléphone depuis l’Algérie. Mais le sort de la petite Inaya reste à ce jour inconnu des autorités françaises. Une coopération internationale a été engagée pour tenter de localiser père et enfant, dans un contexte diplomatique particulièrement complexe.
France-Algérie : l’extradition en question
La France et l’Algérie ne disposent d’aucun traité bilatéral d’extradition, ce qui complique considérablement le retour forcé d’un suspect ayant fui sur le territoire algérien. Dans ce type d’affaire, la coopération dépend entièrement de la volonté politique des deux États et s’effectue au cas par cas, sans garantie de résultat. Les relations franco-algériennes ont par ailleurs traversé plusieurs phases de tensions diplomatiques ces dernières années, rendant ce type de démarche encore plus incertain.
Cent militaires mobilisés, des semaines de fouilles sans résultat
Face à la gravité de la situation, les moyens déployés sont exceptionnels. Environ 100 militaires ont été engagés dans les opérations : 55 gendarmes sur le terrain, deux équipes cynophiles, la brigade fluviale, un hélicoptère et des drones. Une cellule nationale d’enquête forte de 15 enquêteurs, dirigée par la section de recherches de Nantes, coordonne l’ensemble du dispositif judiciaire.

Les fouilles ont ciblé les lieux de vie de Manon : son domicile, mais aussi son exploitation agricole à quelques kilomètres de là. Les enquêteurs ont passé au crible le fumier, les équipements agricoles, différents sacs et contenants. Des analyses de vidéosurveillance et des relevés bancaires ont également été intégrés à l’enquête.
Le 16 avril, près de trois semaines après la disparition, la gendarmerie publie un appel à témoins public. Il décrit Manon Relandeau comme une femme d’1,60 m, mince, aux cheveux châtains longs et ondulés. Toute personne disposant d’informations est invitée à appeler le 0800 877 668, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. À ce jour, les recherches n’ont pas permis de retrouver la jeune femme.
Féminicide présumé et obstacle diplomatique : une double impasse
Pour les associations qui recensent les violences conjugales en France, cette affaire s’inscrit dans une liste tragique. Le collectif Féminicides par compagnons ou ex recense Manon Relandeau comme le 30e féminicide présumé de l’année 2026 en France — un rythme qui rappelle l’ampleur persistante de ce phénomène malgré les plans d’action successifs des pouvoirs publics.
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