Lors du procès, Grabowski admet le meurtre mais nie tout abus sexuel. Il va jusqu’à accuser la petite Ana d’avoir tenté de le séduire et de l’extorquer — des déclarations qui, selon Marianne Bachmeier elle-même, ont joué un rôle décisif dans son passage à l’acte.
Un récidiviste face à la justice
Klaus Grabowski n’était pas un inconnu des autorités judiciaires. Délinquant sexuel, il avait déjà été condamné et emprisonné pour des agressions commises sur deux jeunes filles avant de s’en prendre à la petite Ana. Ce contexte de récidive a alimenté le sentiment d’injustice ressenti par une partie de l’opinion publique allemande à l’égard du système judiciaire.
Un passé douloureux pour une mère hors norme
Pour comprendre le parcours de Marianne Bachmeier, il faut remonter à une enfance marquée par la violence et la précarité. Son père avait été membre de la Waffen-SS. En grandissant, elle subit plusieurs viols et tombe enceinte une première fois à 16 ans, donnant l’enfant en adoption.

Son second enfant, né à 18 ans, connaît le même sort. C’est seulement avec Ana, son troisième enfant, qu’elle choisit de construire une vie de famille, l’élevant seule à partir de 1973.
Ce parcours de vie heurté, marqué par la souffrance et l’abandon, éclaire la singularité du lien qui unissait cette femme à sa fille, et permet de mieux saisir la violence de son deuil.
Une sentence qui divise encore l’Allemagne
Marianne Bachmeier est condamnée à six ans de prison. Elle n’en effectuera finalement que presque trois avant d’être libérée. Une peine jugée tantôt trop lourde, tantôt trop légère selon les sensibilités.

Un sondage de l’Allensbach Institute illustre cette division persistante au sein de la société allemande. Environ 28 % des personnes interrogées estiment que la peine était appropriée, 27 % la jugent trop lourde, et 25 % trop légère.

