Un seul objet manque à l’appel : la chaloupe de sauvetage. Et le journal de bord s’arrête brusquement au 25 novembre 1872, soit neuf jours avant la découverte du Dei Gratia. Le Mary Celeste a donc dérivé seul dans l’Atlantique pendant au moins neuf jours, sans personne aux commandes.
L’enquête à Gibraltar : des indices qui ne mènent nulle part
Le Dei Gratia remorque le Mary Celeste jusqu’à Gibraltar, où les autorités britanniques ouvrent une enquête officielle. Les enquêteurs examinent le navire de fond en comble, espérant y trouver une explication.

Sur le bastingage et sur l’épée du capitaine, des taches brunâtres attirent immédiatement l’attention. Une analyse est conduite : il ne s’agit pas de sang. Cette fausse piste efface l’hypothèse d’un crime violent à bord et complique encore davantage l’affaire.
La cargaison est quasi intacte, mais neuf barils sur les 1 700 embarqués sont vides, probablement en raison de fuites. Par ailleurs, des entailles inhabituelles sont visibles sur la proue du navire. Ces éléments intriguent les enquêteurs, mais n’orientent vers aucune conclusion. L’enquête de Gibraltar se referme sans verdict.
Un voyage transatlantique ordinaire
Le Mary Celeste est un brigantin américain spécialisé dans le transport de marchandises. En novembre 1872, il appareille de New York en direction de Gênes, en Italie, avec à son bord 1 700 barils d’alcool industriel et un équipage de dix personnes soigneusement sélectionnées par le capitaine. Une traversée transatlantique comme il s’en faisait des centaines chaque année — jusqu’à ce que tout s’arrête.
Mutinerie, piraterie, explosion : pourquoi toutes les théories s’effondrent
Depuis cent cinquante ans, les hypothèses se succèdent. La mutinerie est la première à être écartée : le capitaine était réputé pour son calme et son autorité bienveillante, et son équipage avait été soigneusement sélectionné. Aucun conflit connu n’est venu alimenter cette piste.

La piraterie se heurte à un obstacle évident : des pirates auraient emporté la cargaison, les instruments de navigation, les objets de valeur. Or tout est resté à bord. Cette explication ne tient pas.
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