Le second volet de la saga, Mektoub, My Love : intermezzo, avait d’ailleurs provoqué un tollé lors de sa présentation au festival de Cannes en 2019. De nombreux spectateurs avaient quitté la salle, choqués par des scènes de sexe explicites. Le film avait alors été qualifié de « voyeuriste » et « misogyne », des qualificatifs qui continuent de peser sur la réputation du cinéaste.
Kechiche, un cinéaste multi-récompensé mais clivant
Abdellatif Kechiche est un réalisateur multi-récompensé, reconnu pour ses films explorant les complexités des relations humaines. Son style, à la fois immersif et charnel, lui a valu une réputation internationale, mais aussi des critiques récurrentes sur ses méthodes de travail et ses partis pris visuels.

Pour ses défenseurs, il incarne une forme de cinéma rare, capable de capturer « une vie simple, éphémère, mais diablement riche d’émerveillement ». Pour ses détracteurs, ses œuvres souffrent de longueurs et d’une mise en scène qui peut paraître gratuite, voire complaisante.
L’arrivée de Mektoub My Love : canto uno sur Netflix repose donc une question fondamentale sur la réception des œuvres d’auteur dans l’ère du streaming : une plateforme de masse peut-elle offrir un espace de débat cinéphile digne de ce nom, ou nivelle-t-elle les œuvres les plus exigeantes ?
L’arrivée de Mektoub My Love : canto uno sur Netflix démontre que les œuvres clivantes conservent leur pouvoir de polarisation, même des années après leur sortie en salle. Entre admiration pour sa photographie et ses émotions, et rejet de son traitement du corps féminin, le film d’Abdellatif Kechiche continue d’interroger les limites entre liberté artistique et regard problématique. Les abonnés Netflix sont désormais invités à trancher eux-mêmes une question que la critique n’a pas réussi à clore.
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