Lors de sa garde à vue, Tom P. déclare avoir été « possédé » et avoir entendu « une petite voix » le poussant vers le mal. Il reconnaît également nourrir une animosité envers sa professeure d’espagnol, qu’il tient responsable de ses mauvaises notes. Il évoque aussi avoir subi du harcèlement dans son précédent établissement scolaire.
Au fil de la procédure, trois experts psychiatres se succèdent et aboutissent à des conclusions radicalement opposées : le premier conclut à une pleine responsabilité pénale ; le deuxième retient une altération du discernement sans l’abolir ; le troisième, dont le rapport est rendu en novembre 2024, estime que l’adolescent souffrait au moment des faits d’un épisode psychotique sévère ayant aboli son discernement, évoquant un trouble anxieux grave et notant que le traitement médicamenteux prescrit aurait pu contribuer à des troubles de la personnalité.
Trois jours de procès à huis clos : la bataille autour du discernement
Le procès s’ouvre le 21 avril 2026 à Pau, devant la cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques. En raison de la minorité de l’accusé au moment des faits, les débats se tiennent à huis clos, sans presse ni public. Tom P., aujourd’hui âgé de 19 ans, comparaît libre de ses antécédents judiciaires, mais face à une accusation d’assassinat.

L’enjeu juridique est central : dans quelle mesure Tom P. était-il capable de comprendre la portée de ses actes au moment où il a frappé ? C’est cette question du discernement qui structure l’ensemble des débats, opposant les conclusions des trois experts psychiatres et déterminant le quantum de peine applicable.
La troisième et dernière expertise, rendue en novembre 2024, est la plus favorable à l’accusé : elle plaide pour une abolition totale du discernement, ce qui aurait pu conduire à une irresponsabilité pénale. Le parquet général refuse toutefois cette lecture des faits. L’avocate générale requiert seize ans de réclusion criminelle, estimant que la gravité des actes — commis de sang-froid, devant des témoins, contre une enseignante dans l’exercice de ses fonctions — justifie une peine ferme et significative.
La justice des mineurs en France
En France, un mineur reconnu coupable d’un crime ne peut être condamné à la réclusion à perpétuité. La peine maximale applicable est de vingt ans de réclusion criminelle pour les crimes les plus graves. La cour d’assises des mineurs, juridiction spécialisée, statue obligatoirement à huis clos lorsque l’accusé était mineur au moment des faits, afin de protéger son identité et de favoriser sa réinsertion.
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