La troisième et dernière expertise, rendue en novembre 2024, est la plus favorable à l’accusé : elle plaide pour une abolition totale du discernement, ce qui aurait pu conduire à une irresponsabilité pénale. Le parquet général refuse toutefois cette lecture des faits. L’avocate générale requiert seize ans de réclusion criminelle, estimant que la gravité des actes — commis de sang-froid, devant des témoins, contre une enseignante dans l’exercice de ses fonctions — justifie une peine ferme et significative.
La justice des mineurs en France
En France, un mineur reconnu coupable d’un crime ne peut être condamné à la réclusion à perpétuité. La peine maximale applicable est de vingt ans de réclusion criminelle pour les crimes les plus graves. La cour d’assises des mineurs, juridiction spécialisée, statue obligatoirement à huis clos lorsque l’accusé était mineur au moment des faits, afin de protéger son identité et de favoriser sa réinsertion.
15 ans de réclusion : la cour tranche entre responsabilité et circonstances atténuantes
Le 24 avril 2026 au soir, après la plaidoirie de la défense, la cour rend son verdict : quinze ans de réclusion criminelle. La peine est inférieure d’un an à celle réclamée par le ministère public. La cour ne retient ni la pleine responsabilité, ni l’abolition totale du discernement, mais une position intermédiaire : une altération du discernement, suffisante pour atténuer la sanction sans exonérer l’accusé de sa culpabilité.

Dans sa décision, la cour reconnaît la « gravité incontestable » des faits, soulignant qu’ils ont été commis en plein cours, sous les yeux d’autres élèves, contre une enseignante dévouée. Cette gravité justifie, aux yeux des juges, une peine longue malgré les circonstances psychiatriques.
À titre de comparaison, la peine maximale théoriquement encourue par Tom P. s’élevait à vingt ans de réclusion criminelle — réduction légale appliquée en raison de sa minorité au moment du passage à l’acte, la réclusion à perpétuité ne pouvant être prononcée contre un mineur.
Le verdict rendu à Pau le 24 avril 2026 referme le volet judiciaire d’une affaire qui a profondément marqué la communauté éducative française. Pour la famille d’Agnès Lassalle, le procès aura au moins apporté une réponse pénale claire. Pour Tom P., condamné à quinze ans de réclusion, la peine devra s’accompagner d’un suivi psychiatrique dont la nécessité n’a jamais été contestée par aucune des parties. Au-delà du drame individuel, cette affaire a ouvert un débat durable sur la détection de la souffrance psychique chez les adolescents scolarisés, et sur les dispositifs d’alerte au sein des établissements scolaires. Une rue de Saint-Jean-de-Luz porte désormais le nom d’Agnès Lassalle, inaugurée en octobre 2025 — hommage discret à une enseignante dont la mort a changé le regard de tout un pays sur la sécurité à l’école.
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