Après la mort de Lyhanna, 11 ans, retrouvée dans un silo agricole du Gers début juin 2026, une marche blanche a réuni les Français en hommage à la fillette. Interrogé le 15 juin par BFMTV sur son absence à ce rassemblement, Jordan Bardella, numéro 2 du Rassemblement National, a répondu : «Des marches blanches, il y en a tous les jours !» — une formule aussitôt jugée fausse et déplacée, qui a enflammé les réseaux sociaux.
En bref
- —Lyhanna, 11 ans, retrouvée morte dans un silo agricole le 4 juin
- —Bardella au Grand Prix de Monaco pendant la marche blanche
- —Sa phrase «il y en a tous les jours» vue 222 000 fois sur X
Lyhanna retrouvée morte le 4 juin, une disparition qui a bouleversé la France
Le corps de Lyhanna, 11 ans, a été retrouvé le 4 juin 2026 dans un silo agricole situé à environ 15 kilomètres de son collège, à Fleurance, dans le Gers. La fillette avait disparu le 29 mai de la même année, déclenchant une mobilisation nationale.

En hommage à la jeune victime, une marche blanche a été organisée dans les jours suivants. Les parents de Lyhanna avaient formulé une demande explicite : qu’«aucun responsable politique» n’y prenne part, selon les déclarations de Jordan Bardella lui-même sur BFMTV.
Un suspect principal a été identifié dans cette affaire : Jérôme Barella, dont le nom a pris une résonance particulière dans les échanges sur les réseaux sociaux, en raison de sa proximité phonétique avec celui du responsable politique.
Qui était Lyhanna ?
Lyhanna avait 11 ans lorsqu’elle a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance, dans le Gers. Son corps a été retrouvé le 4 juin dans un silo agricole à 15 km de son collège. L’affaire a ému toute la France et conduit à l’organisation d’une marche blanche en son hommage.
Au Grand Prix de Monaco le 7 juin, Bardella absent de la marche blanche
Le dimanche 7 juin 2026, pendant que les Français rendaient hommage à Lyhanna, Jordan Bardella était installé dans les tribunes du Grand Prix de Formule 1 de Monaco, aux côtés de sa compagne, la princesse Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles.

Interrogé le 15 juin par BFMTV sur ce contraste, Bardella a d’abord justifié son absence en rappelant la demande des parents de la fillette, qui avaient exclu toute présence de responsables politiques à la marche. Il a également précisé qu’il se rend régulièrement voir des Grands Prix avec son père et sa compagne, et qu’il revendique son goût pour la Formule 1.
Mais c’est la relance des journalistes sur le décalage entre les deux scènes — son sourire en tribune sportive et le deuil collectif — qui a provoqué la réponse la plus commentée.
«Des marches blanches, il y en a tous les jours» : une affirmation fausse selon La Dépêche
Visiblement agacé par la relance des journalistes, Jordan Bardella a lâché : «Des marches blanches, il y en a tous les jours !» Une affirmation que La Dépêche qualifie de fausse et de «déplacée» : il n’y a pas de marches blanches tous les jours en France.

Dans le même échange, Bardella a tenu à situer l’affaire Lyhanna dans un discours plus large. «Cette affaire est un tournant dans la vie de notre pays, comme l’ont été les affaires Philippine, Lola, comme le sont ces innombrables drames qui mettent en lumière non pas une société plus violente, mais un État de plus en plus incapable de protéger les Français», a-t-il déclaré, comparant le dossier à deux autres meurtres de jeunes femmes qui avaient suscité une forte mobilisation politique.
C’est pourtant la première formule — celle sur les marches blanches — qui a concentré l’essentiel des critiques, tant pour son inexactitude factuelle que pour le ton jugé désinvolte.
222 000 vues et un débat sur la récupération politique des faits divers
La vidéo de l’échange entre Jordan Bardella et les équipes de BFMTV a été vue plus de 222 000 fois sur X (anciennement Twitter) peu après sa mise en ligne, et a suscité un flot de commentaires.

Plusieurs internautes ont pointé ce qu’ils perçoivent comme une instrumentalisation sélective des faits divers. «Moi je pense que si Jérôme Barella était noir ou arabe, il ne ferait qu’en parler justement», a écrit un utilisateur. D’autres ont abondé dans le même sens : «Il en a rien à cirer. Si c’était un Africain qui était le meurtrier, il serait venu pour le buzz», ou encore «Si le tueur n’était pas blanc, alors il n’aurait pas manqué une seconde de rejoindre la marche blanche et de faire le tour des plateaux pour gagner son pain, le Jojo…»
D’autres voix ont toutefois relativisé les critiques visant spécifiquement Bardella, en soulignant que d’autres figures politiques étaient également absentes. «JLM était en meeting le même jour à danser avec de la musique partout avec ses députés, la présidente de l’AN était à Roland Garros… à un moment il faut arrêter», a répondu un internaute, évoquant l’absence de Jean-Luc Mélenchon et de Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, à la marche blanche.
L’affaire Lyhanna reste ouverte sur le plan judiciaire, avec le suspect principal Jérôme Barella au cœur de l’enquête. Sur le plan politique, la polémique autour de Bardella pose une question qui ne trouvera pas de réponse immédiate : où se situe la frontière entre hommage sincère et présence médiatique calculée lors de drames nationaux ? Les prochaines prises de parole du responsable RN sur ce dossier seront scrutées à l’aune de cet épisode.


