En mars 2025, les conclusions des expertises médico-légales marquent un tournant décisif : elles établissent qu’Émile a été victime d’un « traumatisme facial violent » avec « probable intervention d’un tiers ». La thèse criminelle, jusqu’alors une hypothèse parmi d’autres, devient la piste privilégiée par les enquêteurs.
Une disparition qui a traumatisé la France
Émile Soleil disparaît le 8 juillet 2023 au hameau du Haut-Vernet alors qu’il n’a que deux ans et demi, lors de vacances en famille. L’affaire provoque une onde de choc nationale, mobilisant d’importants moyens de recherche et suscitant une couverture médiatique intense pendant plusieurs semaines. La découverte de ses restes en mars 2024, près d’un an plus tard, a relancé les interrogations sur les circonstances de sa mort et sur l’identité du ou des responsables.
Fientes, cordelettes : la piste d’un séjour en milieu agricole
Les analyses approfondies conduites sur les vêtements et ossements d’Émile ont livré des résultats inattendus. Des traces de fientes de poulet et d’excréments de chauve-souris ont été identifiées sur les habits de l’enfant. Ces éléments suggèrent qu’il aurait séjourné, après sa disparition, dans un bâtiment fermé de type agricole — une grange, un hangar ou un poulailler —, où la présence de ces animaux est commune.

Un second indice retient particulièrement l’attention des enquêteurs : des particules de cordelette ont été retrouvées sur les vêtements. Ce type de matériau est couramment utilisé dans le milieu agricole pour lier des ballots de foin, attacher des animaux ou sécuriser du matériel. Aucune certitude ne permet toutefois d’affirmer à ce stade si ces cordelettes ont servi à entraver l’enfant, ni combien de temps il aurait pu rester dans un tel endroit.
L’ensemble de ces éléments pousse les autorités à envisager de nouvelles opérations de fouilles dans des exploitations du secteur du Haut-Vernet. Plusieurs bâtiments de la zone correspondent au profil décrit par les analyses, selon des sources proches du dossier.
Une trace ADN inconnue : 106 prélèvements pour identifier un suspect
En parallèle des indices matériels, les enquêteurs disposent d’un élément potentiellement décisif : une trace ADN inconnue découverte sur le crâne d’Émile à l’automne 2024. Ce profil génétique ne correspond à aucune personne répertoriée dans les bases de données existantes, ce qui a conduit à lancer une campagne de prélèvements sans précédent dans la région.

Le procureur de la République d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, a confirmé que 106 prélèvements ADN ont été réalisés auprès d’habitants et de visiteurs du Haut-Vernet et des communes environnantes. Tous ces échantillons sont comparés au profil génétique inconnu dans l’espoir d’établir une correspondance directe ou indirecte.
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