
Les pompiers diagnostiquent une hyperthermie. Dans la pièce unique, au 7e et dernier étage de la résidence gérée par Sceaux Bourg-la-Reine Habitat, il fait aussi chaud qu’à l’extérieur: 34 °C. La fenêtre, très exposée, n’est protégée par aucun volet.
Louisette ne survivra pas. Elle décède le lendemain, 29 juin 2026, à l’hôpital. Elle vivait seule, dans ce studio, et tenait à son indépendance. La France traversait alors une canicule exceptionnelle, particulièrement sévère en Île-de-France.
Des volets déposés pour la rénovation, jamais remis en place
Tout commence avec un chantier présenté comme vertueux: isolation, nouvelles menuiseries, amélioration de la performance énergétique du bâtiment. Dans le cadre de ces travaux de rénovation énergétique, les volets de Louisette sont déposés. Ils ne seront jamais remis. Pendant près d’un an.

Face à la situation, le médecin de la nonagénaire prend les devants et rédige une ordonnance demandant expressément la remise de volets pour protéger sa patiente de la chaleur. Le document reste sans effet.
Début juin, Odile Sant multiplie les appels et les mails au bailleur social. «Je lui apportais régulièrement de l’eau, mais elle avait surtout besoin d’être protégée du soleil», témoigne-t-elle. Quelques jours avant le drame, une solution est finalement proposée: un simple rideau voilage, décoratif, que l’entourage juge largement insuffisant face à un soleil qui tape directement sur la vitre.
Le registre des personnes vulnérables
Depuis la canicule meurtrière de 2003, les communes françaises sont tenues de tenir un registre nominatif des personnes âgées ou handicapées vivant seules, afin de pouvoir les contacter en priorité lors d’épisodes de chaleur extrême. L’inscription sur ce registre est volontaire. La mairie de Sceaux affirme que Louisette y figurait et qu’un suivi lui avait été proposé.
"Drame annoncé": les associations disent avoir alerté bailleur et mairie
Dans la résidence, les associations de locataires La CSF Robinson et SOS Robinson ne décolèrent pas. Elles parlent d’un «drame annoncé». Sylvain Lebas, voisin de Louisette et membre de la CSF Robinson, est catégorique: «On avait alerté le bailleur et la mairie à plusieurs reprises».

Selon ces collectifs, d’autres habitants de la résidence vivaient encore sans volets au moment du décès de Louisette. Pour eux, ce qui lui est arrivé «aurait pu être évité».
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