
Selon ses proches, l’état de santé de l’actrice s’était considérablement dégradé depuis l’été 2025, période durant laquelle elle avait dû être hospitalisée. Malgré cette épreuve, elle était rentrée chez elle et avait pu passer ses derniers mois entourée des personnes qui lui étaient chères.
La nouvelle a immédiatement suscité une vive émotion dans le monde du cinéma et au-delà. Nathalie Baye était l’une de ces figures dont la présence à l’écran, toujours juste et nuancée, avait traversé plus de cinq décennies sans jamais se démentir.
La maladie à corps de Lewy : une pathologie encore trop méconnue
La maladie à corps de Lewy est une affection neurodégénérative causée par l’accumulation anormale de protéines alpha-synucléine dans différentes parties du cerveau. Ces dépôts perturbent progressivement le fonctionnement des neurones, entraînant des symptômes complexes et variables d’un patient à l’autre.

La pathologie combine des manifestations proches de deux maladies mieux connues du grand public : la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Les patients peuvent présenter des troubles cognitifs, des hallucinations, des tremblements et une rigidité musculaire. Son évolution est qualifiée d’imprévisible, souvent décrite comme progressant « en dents de scie ».
Cette proximité symptomatique avec d’autres pathologies en fait l’une des maladies neurodégénératives les plus fréquemment sous-diagnostiquées. Il n’existe à ce jour aucun traitement curatif ; seule une prise en charge symptomatique permet d’atténuer certaines manifestations. Le décès de Nathalie Baye remet en lumière l’urgence d’une meilleure reconnaissance de cette maladie et du soutien à la recherche qui lui est consacrée.
Cinquante ans de cinéma, de Truffaut à Spielberg
Née en 1948, Nathalie Baye fait ses débuts au cinéma en 1973 dans La Nuit américaine de François Truffaut, où elle incarne une jeune scripte. Ce premier rôle marque le début d’une ascension rapide au sein du paysage cinématographique français.

Sa notoriété explose avec Sauve qui peut (la vie) de Jean-Luc Godard (1980), premier d’une série de récompenses qui lui valent trois César consécutifs au début des années 1980 — pour Sauve qui peut (la vie), Une étrange affaire et La Balance. Un quatrième César lui est décerné en 2006 pour Le Petit lieutenant, attestant d’une longévité artistique rare.
Au fil des décennies, elle collabore avec les plus grands noms du cinéma français et européen : Claude Chabrol, Bertrand Blier, Tonie Marshall ou encore Xavier Dolan pour Juste la fin du monde. Son rayonnement dépasse les frontières hexagonales : Steven Spielberg lui confie le rôle de la mère de Leonardo DiCaprio dans Arrête-moi si tu peux (2002), consacrant sa reconnaissance internationale.
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