Une Revanche Politique Sur La Mandature Estrosi
Cette offensive fiscale prend tout son sens à la lumière du contexte politique local. Durant la mandature de Christian Estrosi, la taxe foncière avait connu une progression spectaculaire, jusqu’à doubler selon certaines estimations. Une hausse qui avait suscité de vives critiques parmi les propriétaires niçois et alimenté un profond sentiment d’injustice fiscale.
Éric Ciotti n’a pas manqué d’exploiter cette frustration durant sa campagne. « Quand Christian Estrosi double la taxe foncière sur un mandat, c’est un mauvais maire », avait-il martelé, transformant la question fiscale en argument électoral décisif. Cette déclaration cinglante illustre à quel point l’impôt local a pesé dans l’issue des municipales, cristallisant le mécontentement d’un électorat excédé par la pression fiscale.
Le nouveau maire se positionne ainsi en rupture frontale avec son prédécesseur. Là où Estrosi avait choisi d’augmenter les prélèvements pour financer ses projets, Ciotti opte pour une stratégie de séduction fiscale visant particulièrement les classes moyennes et les propriétaires. Cette catégorie d’électeurs, particulièrement sensible à l’évolution de la fiscalité immobilière, constitue un socle politique que le maire entend consolider durablement.
Reste que cette promesse de baisse massive soulève une interrogation fondamentale : comment la ville compensera-t-elle ce manque à gagner de plusieurs millions d’euros sans sacrifier ses services publics ou ses investissements ?


