📌 Ozempic : une plainte collective se prépare en France pour effets secondaires graves
Posted 24 avril 2026 by: Admin
L’Ozempic, médicament anti-diabétique devenu symbole de la médecine minceur, se retrouve au cœur d’une procédure judiciaire inédite en France. Une plainte collective visant le laboratoire danois Novo Nordisk est en préparation à Paris, portée par des patients qui affirment avoir subi des effets secondaires graves et insuffisamment signalés. En parallèle, des travaux scientifiques pointent un possible lien entre cette famille de traitements et certaines formes de cancer de la thyroïde.
En bref
- —Une plainte collective contre Novo Nordisk attendue en 2026
- —65 décès signalés parmi 870 000 patients sous ce traitement
- —Un risque de cancer thyroïdien pointé par une étude scientifique
Une plainte collective inédite contre Novo Nordisk
C’est une procédure judiciaire que personne n’avait encore engagée en France contre ce médicament. Me Pierre Debuisson, avocat toulousain spécialisé dans les actions collectives, prépare une plainte contre Novo Nordisk, le fabricant de l’Ozempic. Le dépôt est prévu courant 2026 auprès du pôle de santé publique du parquet de Paris.

Les infractions visées sont sérieuses : fraude aggravée, blessures involontaires et homicides involontaires. L’avocat reproche au laboratoire de ne pas avoir suffisamment informé les patients et les prescripteurs sur les risques réels associés au traitement. Une trentaine de patients se sont déjà manifestés pour rejoindre la procédure.
De son côté, Novo Nordisk assure que « la sécurité des patients est une priorité » et indique suivre attentivement tous les signalements d’effets indésirables. Le laboratoire maintient que le profil bénéfice-risque de la sémaglutide — la molécule active de l’Ozempic — demeure inchangé.
Ce que sont les médicaments aGLP-1
Les aGLP-1 (agonistes du récepteur du GLP-1) imitent l’action d’une hormone naturelle qui régule la satiété, entraînant une réduction de l’appétit et une perte de poids. Commercialisés en France à partir de 2019, ils sont devenus en quelques années l’une des classes médicamenteuses les plus prescrites et les plus médiatisées dans le monde. L’Ozempic (sémaglutide, Novo Nordisk) en est la figure la plus connue, aux côtés du Wegovy, son équivalent à dosage plus élevé, indiqué spécifiquement contre l’obésité.
Des effets secondaires aux conséquences parfois irréversibles
Les témoignages recueillis par Me Debuisson dressent un tableau préoccupant. « Les cas les moins graves présentent des douleurs abdominales, des vomissements, voire une gastroparésie », décrit l’avocat — une paralysie de l’estomac qui entraîne un retard de sa vidange. D’autres patients souffrent d’insuffisance rénale ou de pancréatite, des complications nettement plus sévères.

Le cas le plus grave recensé est celui d’une patiente victime d’un AVC ayant entraîné une perte définitive de la vue. Pour Me Debuisson, ces cas illustrent une sous-information grave de la part du fabricant quant aux risques réels associés au médicament.
Les chiffres officiels confirment l’ampleur du phénomène. Depuis la commercialisation en France en 2019, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a recensé 1 600 cas graves liés aux traitements de la famille des aGLP-1, dont 65 décès — parmi les 870 000 personnes actuellement traitées par ces médicaments sur le territoire.
Un médicament trop souvent prescrit hors de son indication
L’Ozempic a été conçu pour traiter le diabète de type 2 et, sous sa forme Wegovy, certaines formes d’obésité médicale sévère. Mais son efficacité reconnue pour réduire l’appétit et induire une perte de poids rapide a conduit à un usage bien plus large, souvent étranger à toute indication médicale sérieuse.

Me Debuisson dénonce ouvertement cette dérive : « Il faut que les médecins arrêtent de prescrire ces médicaments à des patients qui présentent seulement un léger surpoids. On l’utilise comme un complément alimentaire à visée esthétique. Or, il ne faut surtout pas oublier que c’est un médicament ! »
Le Pr Boris Hansel, endocrinologue-nutritionniste à l’hôpital Bichat à Paris, nuance le propos : selon lui, le problème ne réside pas tant dans une surprescription que dans une mauvaise prescription. Ces traitements sont destinés à des pathologies chroniques et nécessitent un suivi sur le long terme. Or, beaucoup de patients les interrompent après un ou deux ans, souvent parce qu’ils ont été présentés à tort comme une simple solution temporaire de perte de poids.
Cancer de la thyroïde : une controverse scientifique qui persiste
Au-delà des effets secondaires déjà documentés, des recherches interrogent les conséquences à long terme de ces traitements. Une étude publiée dans la revue Diabetes Care a observé une augmentation du risque de cancer médullaire de la thyroïde chez des patients ayant utilisé des médicaments de la famille des aGLP-1 pendant un à trois ans.

Ces résultats ne font cependant pas l’unanimité dans la communauté scientifique. En 2026, les synthèses les plus récentes — dont une publiée par le plus grand centre américain spécialisé dans le cancer thyroïdien — concluent à l’absence de preuve convaincante d’un lien causal entre ces médicaments et les formes courantes de cancer de la thyroïde.
Les chercheurs évoquent notamment un biais de détection : les patients sous aGLP-1 bénéficiant d’un suivi médical plus intensif, les nodules thyroïdiens préexistants y seraient davantage découverts que dans la population générale. La mise en garde de la FDA américaine sur ce risque repose quant à elle principalement sur des études réalisées chez le rongeur, sans équivalent direct dans les données humaines disponibles à ce jour.
L’affaire Ozempic illustre les tensions croissantes autour d’un médicament devenu en quelques années un phénomène de société. Si la procédure judiciaire de Me Debuisson n’en est qu’à ses prémices, elle pourrait contraindre Novo Nordisk à se justifier publiquement sur la transparence de ses communications aux patients et aux médecins. Au-delà du volet judiciaire, cette affaire pose une question de fond : celle de l’encadrement des prescriptions hors indication et de la nécessité d’un débat scientifique rigoureux sur les risques à long terme de ces traitements. Pour les 870 000 Français concernés, la prudence et un suivi médical régulier restent, selon les spécialistes, plus que jamais de mise.










