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2 juin 2026

Patrick Bruel et Jean-Marie Le Pen : retour sur la polémique de la « fournée »

En juin 2014, une formule de Jean-Marie Le Pen visant notamment Patrick Bruel avait provoqué une vive indignation. L’affaire avait aussi fait ressurgir des propos plus anciens, tenus en 1995, au moment où le chanteur s’opposait publiquement au Front national.

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En bref

  • La phrase polémique date de juin 2014.
  • Patrick Bruel s’opposait publiquement au FN.
  • Jean-Marie Le Pen a été relaxé en appel.

La phrase de 2014 qui déclenche un tollé

Le 6 juin 2014, Jean-Marie Le Pen apparaît dans une vidéo diffusée en ligne. Interrogé sur plusieurs artistes critiques envers le Front national, il évoque notamment Patrick Bruel et lance : « On fera une fournée la prochaine fois ».

La phrase de 2014 qui déclenche un tollé
Image d’illustration © TOPTENPLAY

La formule suscite immédiatement de nombreuses réactions. Le terme « fournée » est interprété par plusieurs responsables politiques et associations comme une allusion antisémite, en raison de l’histoire des fours crématoires pendant la Seconde Guerre mondiale.

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Jean-Marie Le Pen conteste alors cette lecture. Mais la polémique prend une ampleur particulière car Patrick Bruel est déjà identifié comme une personnalité culturelle opposée au Front national, et parce que le chanteur est d’origine juive.

2014
C’est l’année où la formule de la « fournée » visant notamment Patrick Bruel déclenche une polémique nationale.

Patrick Bruel, figure culturelle opposée au FN

Dans les années 1990, Patrick Bruel est l’un des artistes les plus populaires en France. Sa notoriété donne un écho important à ses prises de position publiques contre le Front national.

Patrick Bruel, figure culturelle opposée au FN
Image d’illustration © TOPTENPLAY

L’épisode le plus cité concerne Toulon. Après la victoire du Front national aux élections municipales de 1995, le chanteur décide d’annuler ses concerts dans la ville pour marquer son opposition à l’arrivée du parti d’extrême droite à la mairie.

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Cette décision est largement commentée. Elle fait de Patrick Bruel l’un des symboles de la mobilisation d’une partie du monde culturel contre le FN, à une période où le parti cherche à s’implanter localement.

Pour comprendre

Dans les années 1990, le Front national remporte plusieurs municipalités, dont Toulon en 1995. Ces victoires provoquent des réactions dans le monde culturel, où certains artistes refusent de se produire dans des villes dirigées par le parti.

Les propos de 1995 remis en lumière

La polémique de 2014 remet en circulation une déclaration beaucoup plus ancienne. Le 21 juin 1995, lors d’une conférence de presse à Toulon après la victoire municipale du Front national, Jean-Marie Le Pen réagit à l’annulation des concerts de Patrick Bruel.

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Les propos de 1995 remis en lumière
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Il ironise alors sur le fait que la ville devra se passer des « vocalises du chanteur Benguigui ». Cette mention renvoie au nom de naissance de Patrick Bruel, Patrick Benguigui.

Pour les détracteurs de Jean-Marie Le Pen, cette déclaration de 1995 nourrit un argument central : lorsqu’il affirme en 2014 ne pas connaître les origines familiales du chanteur, ses propos antérieurs montrent qu’il avait déjà publiquement fait référence à son identité.

Une affaire politique et judiciaire durable

L’affaire ne reste pas seulement médiatique. Elle provoque aussi des réactions au sein du Front national. Marine Le Pen parle alors d’une « faute politique », tandis que d’autres responsables du parti prennent leurs distances avec la formule employée.

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Une affaire politique et judiciaire durable
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Sur le plan judiciaire, Jean-Marie Le Pen est renvoyé devant le tribunal pour provocation à la haine raciale. L’affaire implique aussi Jean-François Jalkh, alors responsable du site sur lequel les propos avaient été diffusés.

Jean-Marie Le Pen est finalement relaxé en première instance, puis la cour d’appel de Paris confirme cette relaxe en décembre 2022. La justice estime que les éléments constitutifs du délit ne sont pas réunis, tout en rappelant le caractère polémique des propos.

Après la mort de Jean-Marie Le Pen, le 7 janvier 2025, cette séquence reste l’un des épisodes régulièrement cités pour illustrer les controverses qui ont jalonné sa carrière politique.

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L’affaire de la « fournée » ne se résume pas à une phrase isolée. Elle s’inscrit dans une histoire plus longue entre Jean-Marie Le Pen, Patrick Bruel et l’opposition d’une partie du monde culturel au Front national. Malgré la relaxe judiciaire confirmée en 2022, cette séquence demeure un marqueur politique durable, ravivé par les déclarations plus anciennes de 1995.

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