Invitée sur BFMTV, Marine Le Pen a été interrogée sur le maintien des concerts de Patrick Bruel, visé par des accusations de violences sexuelles. La responsable politique a défendu la présomption d’innocence, tout en assumant son rejet personnel du chanteur.
En bref
- —Patrick Bruel conteste les accusations.
- —Sa tournée estivale reste maintenue.
- —Marine Le Pen invoque l’État de droit.
Marine Le Pen défend un principe, malgré son rejet personnel
Sur BFMTV, l’échange entre Marine Le Pen et Apolline de Malherbe a porté sur une question sensible : Patrick Bruel peut-il continuer à monter sur scène alors qu’il est visé par des accusations de violences sexuelles ? La présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale a répondu en distinguant clairement le droit et l’opinion personnelle.

« Il peut donner des concerts, mais personne n’est obligé d’aller les voir », a-t-elle déclaré. Elle a ensuite ajouté qu’elle n’irait pas elle-même assister à un concert du chanteur : « Moi, je n’irais pas. De toute façon, je n’y serais pas allée même à l’époque, parce que je ne l’aime pas. Il ne m’aime pas non plus. »
Relancée sur l’idée d’aller plus loin et de pousser à l’annulation des concerts, Marine Le Pen a refusé cette logique au nom de l’État de droit. Selon elle, empêcher un artiste de travailler avant une décision judiciaire définitive reviendrait à franchir une ligne dangereuse.
Des accusations de violences sexuelles au centre de l’affaire
Patrick Bruel fait face depuis plusieurs semaines à des accusations de violences sexuelles. Ces accusations ont entraîné une forte exposition médiatique et ravivé les débats autour de la parole des femmes dans le milieu culturel.

Parmi les éléments rapportés par la presse figure la plainte déposée par Flavie Flament pour des faits qu’elle dit avoir subis en 1991, lorsqu’elle avait 16 ans. Le chanteur conteste les accusations portées contre lui.
À ce stade, l’affaire reste donc sur le terrain judiciaire et médiatique. Aucune condamnation définitive n’est mentionnée dans les éléments disponibles, ce qui explique pourquoi la question de la présomption d’innocence occupe une place centrale dans les réactions publiques.
Une tournée maintenue malgré les appels au boycott
Malgré la polémique, la tournée estivale de Patrick Bruel n’est pas annulée à ce stade, selon l’article de Télé Star. Plusieurs pétitions ont été mises en ligne pour demander sa déprogrammation de certains festivals, notamment sous l’impulsion de collectifs féministes.

Les organisateurs concernés invoquent la présomption d’innocence pour justifier le maintien des concerts. Interrogé sur RTL, Daniel Devoux, producteur du festival L’été au château à Salon-de-Provence, a affirmé : « Il n’y a pas de déprogrammation du tout à l’ordre du jour. »
Le même producteur a résumé sa position en une formule : « Aujourd’hui, les juges jugent et les producteurs produisent. » Cette phrase illustre le dilemme des programmateurs, pris entre pression militante, impératifs contractuels et prudence juridique.
Un débat plus large sur justice, scène et responsabilité
L’affaire dépasse désormais le seul cas de Patrick Bruel. Elle pose une question récurrente : que faire lorsqu’un artiste est accusé de faits graves, mais qu’aucune décision judiciaire définitive n’a encore été rendue ?

Marine Le Pen a insisté sur ce point en rappelant que « tant que vous n’êtes pas définitivement condamné, vous êtes présumé innocent ». Elle a aussi estimé qu’une annulation imposée pouvait conduire à une forme de « mort professionnelle » ou de « mort sociale » avant que la justice ne se prononce.


