
À l’issue de cette période, les conducteurs devront prouver qu’ils sont toujours aptes à prendre le volant. C’est là qu’intervient la question des seniors : la réforme prévoit des conditions potentiellement plus strictes pour les conducteurs âgés de plus de 65 ans, avec un contrôle médical à l’échéance du permis.
Toutefois, les États membres conservent une marge de manœuvre. Plutôt qu’un examen médical systématique, certains pays pourraient opter pour une simple déclaration sur l’honneur concernant l’état de santé du conducteur. La France fait partie des États qui pourraient envisager cette option, selon la source, même si sa fiabilité soulève des interrogations.
Malgré ces doutes, plusieurs associations saluent la mesure. Elles estiment qu’elle pourrait contribuer à améliorer la sécurité routière, notamment face aux risques liés à la perte progressive d’aptitude à la conduite.
Une réforme attendue depuis des années
L’Union européenne cherche depuis plusieurs années à harmoniser les règles de circulation entre ses États membres, dont les législations restent très disparates. La question des conducteurs seniors et de leur aptitude médicale fait notamment débat dans plusieurs pays, dont la France, où aucun contrôle médical obligatoire n’est aujourd’hui imposé après un certain âge.
20 000 morts par an en Europe : les chiffres qui ont pesé dans la balance
La réforme s’inscrit dans un bilan routier européen préoccupant. En 2024, le taux de mortalité sur les routes de l’Union européenne tourne autour de 44 à 45 décès par million d’habitants, soit près de 20 000 morts au total sur un an.

Les écarts entre pays membres sont importants. La Suède et le Danemark affichent les meilleurs résultats, avec des chiffres compris entre 16 et 24 décès par million. À l’opposé, la Roumanie et la Bulgarie dépassent les 70 décès par million.
La France se situe légèrement au-dessus de la moyenne européenne, avec environ 48 morts par million d’habitants. C’est précisément pour permettre aux mauvais élèves de rattraper leur retard que la réforme a été conçue, selon les termes mêmes du texte adopté.
Sanctions reconnues dans toute l’UE : la fin des permis retirés ignorés à l’étranger
L’un des volets les plus concrets de la réforme concerne la reconnaissance transfrontalière des sanctions. Aujourd’hui, près de quatre conducteurs sur dix échappent encore aux conséquences d’un retrait ou d’une suspension de permis dès lors que l’infraction a été commise dans un autre pays membre.
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