Autre coup porté aux jeunes en formation : l’aide de 500 euros destinée aux apprentis qui passent leur permis sera également supprimée. Cette double restriction redessine profondément le paysage du financement de la mobilité professionnelle, reléguant désormais cette dépense aux seuls ménages et aux demandeurs d’emploi. Pour les auto-écoles, l’enjeu est capital : un flux financier massif risque de se tarir brutalement.

La Justification Gouvernementale : Priorité Aux Bilans De Compétences
Face à cette restriction qui touche des centaines de milliers d’actifs, le gouvernement avance une logique de réorientation stratégique. Le sénateur Renaissance Xavier Iacovelli, porteur de cet amendement voté en décembre, assume pleinement : il ne s’agit pas de faire des économies budgétaires, mais de rediriger les fonds vers les bilans de compétences et les reconversions professionnelles. « L’objet de cet amendement est de conserver le bilan de compétences comme action éligible au financement du CPF », indiquait-il, jugeant leur rôle « primordial » pour faciliter les transitions de carrière.
L’argumentaire repose sur un constat chiffré : depuis 2019, le nombre de permis délivrés chaque année demeure stable, autour d’un million, sans corrélation observable entre l’ouverture du CPF et une progression du volume global. Selon le sénateur, le dispositif a simplement « substitué un financement mutualisé à une dépense auparavant supportée par les ménages », mobilisant près de 300 millions d’euros par an.
Plus révélateur encore : parmi ceux qui utilisent leur CPF pour financer un permis, moins d’un tiers sont des demandeurs d’emploi. Plus de 75% ont dépassé 25 ans et sont déjà insérés dans la vie active. Pour le gouvernement, ces actifs peuvent donc financer leur permis autrement, tandis que le CPF doit retrouver sa vocation première : accompagner les reconversions et sécuriser les parcours professionnels dans un marché du travail en mutation.

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