La règle s’applique aux clients dès 12 ans, mais aussi aux salariés eux-mêmes : serveurs, contrôleurs, personnel en contact avec le public. Une double contrainte qui transforme les restaurateurs en agents de contrôle sanitaire du jour au lendemain, sans formation ni moyens adaptés.
Le détail qui cristallise les tensions ? L’exemption accordée aux policiers et gendarmes. Cette exception apparaît comme une incohérence flagrante aux yeux de la profession : pourquoi exiger des restaurateurs ce qu’on n’impose pas aux forces de l’ordre ? Cette disparité alimente un sentiment d’injustice et d’instrumentalisation.
Les établissements se retrouvent ainsi en première ligne, sommés d’assumer une mission régalienne sans les prérogatives qui l’accompagnent. Le secteur, déjà fragilisé par des mois de fermetures successives, perçoit cette décision comme une défiance supplémentaire. Pour Philippe Etchebest et ses confrères, cette situation marque un point de rupture : celui où l’État délègue ses responsabilités sans considération pour ceux qui doivent les endosser.

« Ça Peut Finir En Bagarre De Saloon » : L’Explosion De Colère Sur RMC
Face à cette situation intenable, Philippe Etchebest choisit le plateau de RMC pour vider son sac. Le chef ne tergiverse pas : « Sur le fond, je ne conteste pas le pass sanitaire », précise-t-il d’emblée. Son problème ne réside pas dans le principe sanitaire, mais dans son application concrète.
Sa cible : la délégation de responsabilité imposée à sa profession. « On a l’impression d’être la variable d’ajustement du gouvernement », lance-t-il. Les mots claquent comme des couperets. « On va devoir faire le travail de contrôle, dont on n’a pas la capacité. On ne peut pas remplacer la police ». La formule qui marque les esprits surgit alors : « Ça peut finir en bagarre de saloon. Le gouvernement doit prendre la responsabilité des contrôles ».
Mais le coup de gueule ne s’arrête pas là. Etchebest aborde les sanctions démesurées qui pèsent sur les restaurateurs : « 45 000 euros d’amende et 1 an de prison si on ne fait pas les contrôles, on est traités comment ? Mon personnel n’est pas habilité à faire ça ». La menace judiciaire apparaît disproportionnée pour des professionnels sommés d’assumer des fonctions régaliennes sans formation.
Le constat final résonne comme un cri d’alarme : « C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On est vent debout, je suis désabusé ». Cette intervention révèle une rupture profonde entre l’État et une profession qui se sent abandonnée, instrumentalisée et menacée. Une fracture qui dépasse largement le cadre sanitaire pour interroger le respect dû aux acteurs économiques en première ligne.

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