Ces événements s’inscrivent dans une tendance de fond que les associations alertent depuis plusieurs années. Selon le CRIF, 1 320 actes antisémites ont été recensés en France en 2025, soit plus de 3,5 actes par jour. En février 2026, le président Emmanuel Macron dénonçait lui-même une « hydre antisémite » se répandant dans la société française.
Jean Veil : « La lâcheté des gens qui font cela en cachette »
Invité de RTL, Jean Veil, avocat et fils de Simone Veil, a réagi avec une gravité maîtrisée. Il a dénoncé, sans détour, « la lâcheté des gens qui font cela en cachette et qui, par conséquent, savent très bien que c’est mal ». Une formule qui pointe autant l’hypocrisie des auteurs que leur violence.

L’avocat a confié ne pas être réellement surpris par ces événements. « J’ai beaucoup de mal à être surpris par tout cela et je ne vois pas ce qui a changé », a-t-il déclaré. Selon lui, l’antisémitisme n’a jamais réellement disparu du paysage français : après la Seconde Guerre mondiale, ces idées demeuraient présentes, simplement moins assumées publiquement.
Il a également évoqué ce qu’auraient pensé ses parents face à la situation actuelle. Sa mère, a-t-il expliqué, « n’aurait pas été surprise », elle qui n’avait jamais nourri d’illusions sur la persistance de la haine antijuive. Son père, Antoine Veil, aurait lui réagi avec une « immense colère » face à cette résurgence.
Simone Veil, une mémoire que la haine cherche à atteindre
S’attaquer au portrait de Simone Veil, c’est viser délibérément l’une des figures les plus consensuelles de la République française. Rescapée de la Shoah, ancienne ministre de la Santé, artisane de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse en 1975 et première femme à présider le Parlement européen, elle a incarné tout au long de sa vie le combat pour la dignité humaine.

Son entrée au Panthéon en 2018, aux côtés de son mari Antoine, avait profondément ému les Français. Ce geste de la République consacrait une femme dont le parcours — de l’horreur des camps à la plus haute tribune politique — représentait à lui seul le dépassement de la barbarie.
En profanant son image, ses détracteurs ne ciblent pas seulement une personnalité : ils s’attaquent au souvenir des victimes de la Shoah et au symbole du devoir de mémoire que Simone Veil a porté jusqu’à sa mort en 2017. C’est précisément cette portée symbolique qui rend ces actes d’une particulière gravité.
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