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24 juin 2026

Portrait de Simone Veil souillé d’une croix gammée : Jean Veil dénonce la lâcheté des antisémites

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Simone Veil, une mémoire que la haine cherche à atteindre
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Son entrée au Panthéon en 2018, aux côtés de son mari Antoine, avait profondément ému les Français. Ce geste de la République consacrait une femme dont le parcours — de l’horreur des camps à la plus haute tribune politique — représentait à lui seul le dépassement de la barbarie.

En profanant son image, ses détracteurs ne ciblent pas seulement une personnalité : ils s’attaquent au souvenir des victimes de la Shoah et au symbole du devoir de mémoire que Simone Veil a porté jusqu’à sa mort en 2017. C’est précisément cette portée symbolique qui rend ces actes d’une particulière gravité.

Qui était Simone Veil ?

Née en 1927, Simone Jacob-Veil a survécu aux camps d’Auschwitz-Birkenau et Bergen-Belsen avant de devenir l’une des personnalités politiques les plus respectées de France. Ministre de la Santé sous Valéry Giscard d’Estaing, elle fait adopter la loi sur l’IVG en 1975, puis préside le Parlement européen de 1979 à 1982. Décédée en juin 2017, elle entre au Panthéon en 2018 aux côtés de son mari Antoine.

Pierre-François Veil : un deuil qui amplifie l’émotion

Ces actes de vandalisme surviennent au lendemain d’un drame familial. Pierre-François Veil, fils cadet de Simone Veil, est décédé brutalement le 6 mai 2026 à l’âge de 72 ans, à l’hôpital Georges-Pompidou de Paris. La nouvelle a été annoncée dans un communiqué de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, dont il était président depuis juillet 2023.

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Pierre-François Veil : un deuil qui amplifie l'émotion
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Avocat au barreau de Paris depuis 1979, Pierre-François Veil avait consacré une large part de son engagement à la transmission de la mémoire des victimes de la Shoah. Il présidait également le Comité français pour Yad Vashem, l’institution israélienne chargée de la mémoire de la Shoah et de la reconnaissance des Justes parmi les nations.

La Fondation a salué « un homme exceptionnel, engagé, courageux et d’une profonde humanité », assurant qu’il laisserait « une empreinte forte et durable » sur ceux qui l’avaient côtoyé. Sa disparition prive la France de l’une de ses voix les plus déterminées dans la lutte contre l’antisémitisme — au moment même où elle en aurait le plus besoin.

La profanation du portrait de Simone Veil illustre, une fois de plus, que l’antisémitisme demeure une réalité quotidienne en France, tapi sous la surface du consensus républicain. Jean Veil l’a dit sans fard : cette haine n’a jamais disparu, elle s’est seulement tue par intermittence. La mort de Pierre-François Veil, survenue la veille, prive le pays de l’un de ses gardiens les plus déterminés de la mémoire de la Shoah. Face à cette double épreuve — familiale et nationale —, les appels à la vigilance et à la fermeté judiciaire se multiplient. Mais la question de leur efficacité réelle reste, elle, entière.

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