La découverte, ce week-end, d’une croix gammée taguée sur un portrait de Simone Veil a provoqué une vive émotion en France, ravivant l’inquiétude face à une recrudescence d’actes antisémites. Son fils Jean Veil, invité de RTL, a réagi avec gravité, dénonçant « la lâcheté » de ceux qui agissent ainsi dans l’obscurité. Ces événements surviennent au lendemain du décès brutal de Pierre-François Veil, autre fils de Simone et président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
En bref
- —Un portrait de Simone Veil souillé d’une croix gammée ce week-end
- —Jean Veil dénonce sur RTL la lâcheté des auteurs antisémites
- —Pierre-François Veil, président de la Fondation Shoah, décédé le 6 mai
Une vague d’actes antisémites secoue la France
Le choc a été immédiat à la découverte, ce week-end, d’une croix gammée apposée sur un portrait de Simone Veil. L’acte, d’une violence symbolique rare, concentre en un seul geste toute la charge de la haine antisémite visant l’une des femmes les plus respectées de l’histoire récente de France.

Mais cet incident ne s’est pas produit de manière isolée. Une devanture de restaurant a été recouverte du mot « Juden », des menaces ont été proférées au sein d’une faculté de médecine, et des inscriptions haineuses visant la communauté juive ont fait leur apparition dans l’espace public — le tout en l’espace de quelques jours.
Ces événements s’inscrivent dans une tendance de fond que les associations alertent depuis plusieurs années. Selon le CRIF, 1 320 actes antisémites ont été recensés en France en 2025, soit plus de 3,5 actes par jour. En février 2026, le président Emmanuel Macron dénonçait lui-même une « hydre antisémite » se répandant dans la société française.
Jean Veil : « La lâcheté des gens qui font cela en cachette »
Invité de RTL, Jean Veil, avocat et fils de Simone Veil, a réagi avec une gravité maîtrisée. Il a dénoncé, sans détour, « la lâcheté des gens qui font cela en cachette et qui, par conséquent, savent très bien que c’est mal ». Une formule qui pointe autant l’hypocrisie des auteurs que leur violence.

L’avocat a confié ne pas être réellement surpris par ces événements. « J’ai beaucoup de mal à être surpris par tout cela et je ne vois pas ce qui a changé », a-t-il déclaré. Selon lui, l’antisémitisme n’a jamais réellement disparu du paysage français : après la Seconde Guerre mondiale, ces idées demeuraient présentes, simplement moins assumées publiquement.
Il a également évoqué ce qu’auraient pensé ses parents face à la situation actuelle. Sa mère, a-t-il expliqué, « n’aurait pas été surprise », elle qui n’avait jamais nourri d’illusions sur la persistance de la haine antijuive. Son père, Antoine Veil, aurait lui réagi avec une « immense colère » face à cette résurgence.
Simone Veil, une mémoire que la haine cherche à atteindre
S’attaquer au portrait de Simone Veil, c’est viser délibérément l’une des figures les plus consensuelles de la République française. Rescapée de la Shoah, ancienne ministre de la Santé, artisane de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse en 1975 et première femme à présider le Parlement européen, elle a incarné tout au long de sa vie le combat pour la dignité humaine.


