Ce regard porté sur les chaussures n’est donc pas une curiosité du personnel, mais une évaluation anticipatoire : identifier dès l’embarquement les passagers qui pourraient nécessiter une attention particulière si une situation critique survenait.
La différence de pression en cabine aggrave les risques liés aux chaussures serrées
Au-delà de la sécurité lors d’une évacuation, le choix des chaussures a aussi un impact direct sur la santé en vol. La pressurisation de la cabine et l’altitude entraînent un gonflement naturel des pieds chez de nombreux passagers.

Dans ce contexte, des chaussures trop serrées ou à talons hauts aggravent la situation. « La différence de pression dans l’avion par rapport au niveau de la mer augmente le risque de thrombose dans les veines », rappelle Kristine Eksteine-Nizka. Une mauvaise paire de chaussures devient alors un facteur aggravant, notamment sur les longs vols où la circulation sanguine est déjà sollicitée.
Ce risque de thrombose est d’autant plus préoccupant que les passagers restent assis de longues heures, limitant naturellement la circulation. Des chaussures souples et non compressives constituent donc une précaution médicale concrète, pas seulement un conseil de confort.
Un rôle souvent méconnu du personnel de cabine
Les hôtesses de l’air et stewards sont avant tout formés à la sécurité des passagers, bien au-delà du service à bord. Dès l’embarquement, ils procèdent à une évaluation discrète des voyageurs pour anticiper d’éventuelles difficultés en cas d’urgence. Ces observations font partie intégrante de leur formation professionnelle.
Des pieds nus sur un sol de cabine chargé de bactéries
L’hygiène constitue le troisième motif d’attention du personnel de bord. Kristine Eksteine-Nizka évoque le cas fréquent des passagers portant des tongs ou des sandales, qui ont tendance à les retirer pendant le vol. Résultat : des pieds nus en contact direct avec le sol de la cabine.

« C’est dégoûtant », tranche-t-elle sans détours, pointant la contamination bactérienne de ces surfaces. Le sol d’un avion, fréquenté par des centaines de passagers successifs, concentre des micro-organismes que le simple retrait de ses chaussures suffit à exposer.
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