
La réciprocité, rappellent les chercheurs, n’est pas automatique dans les relations proches. La prendre pour acquise est précisément ce qui entretient le déséquilibre. En revanche, rendre sa générosité visible peut changer la dynamique collective.
«Les actions prosociales sont contagieuses : pour celui qui les commet et s’en explique, cela favorise le développement d’une identité altruiste ; pour ceux qui écoutent, cela peut accentuer le désir d’agir de la même façon», souligne Cerveau & Psycho. En 2009, Jen Shang et Rachel Croson ont montré que mentionner un don élevé poussait les nouveaux donateurs à augmenter le leur. Votre manière de donner sans vous épuiser peut, selon ces travaux, devenir un modèle pour votre entourage.
Les travaux cités ouvrent plusieurs questions encore peu explorées : dans quels types de relations — amicales, familiales, professionnelles — ce déséquilibre est-il le plus prononcé, et à partir de quel seuil bascule-t-on vers un épuisement durable ? Des recherches supplémentaires sont attendues sur les effets à long terme du dilemme du bienfaiteur sur la santé mentale, notamment dans les environnements de travail où la disponibilité permanente est valorisée.
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