Le mécanisme de cette contre-performance fiscale s’enclenche rapidement. Les entreprises, confrontées à l’explosion de leurs coûts de transport et de production, répercutent ces hausses sur leurs prix de vente. Résultat : leurs volumes diminuent. Parallèlement, les ménages réduisent drastiquement leur consommation générale pour absorber le choc à la pompe. Cette contraction économique érode inexorablement les recettes fiscales et sociales de l’État, des collectivités et de la Sécurité sociale.
Les chiffres confirment ce cercle vicieux. « Quand les prix à la pompe augmentent de 10%, la consommation diminue d’environ 3% », précise François Ecalle. Cette baisse de consommation réduit mécaniquement les recettes de la TICPE, cette taxe fixe qui constitue pourtant l’essentiel des revenus carburants de l’État. La conclusion de l’expert tombe comme un couperet : « Les pertes seront plus élevées que les gains de TVA sur le carburant. »
L’État ne s’enrichit donc pas grâce à la guerre. Il subit un appauvrissement différé, une hémorragie fiscale qui démarre dès que les automobilistes modifient leurs comportements face à des prix devenus insoutenables.
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