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9 septembre 2026
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Ramadan 2026 en France : le jeûne débute le 18 ou le 19 février selon deux méthodes de calcul

Depuis 2013, le CFCM a opté pour une méthode fondée sur des calculs astronomiques précis, capables de prédire l’apparition du croissant lunaire sur des centaines d’années à l’avance. Une approche scientifique également adoptée officiellement en Turquie et en Malaisie, et qui tend à se développer dans d’autres pays musulmans, selon le théologien et sociologue Omero Marongiu-Perria.

Conséquence directe : les dates du Ramadan sont désormais connues bien avant le début du mois sacré, offrant aux fidèles une visibilité précieuse pour organiser leur vie professionnelle et familiale. Le 2 février 2026, le CFCM a ainsi officiellement annoncé que le Ramadan 2026 débuterait le jeudi 19 février et s’achèverait le 20 mars.

Ce calendrier prévisionnel représente une avancée concrète pour les millions de pratiquants en France. Il permet d’anticiper les aménagements du quotidien — horaires de travail, organisation des repas, planification des congés — sans attendre une annonce de dernière minute.

Pourtant, cette modernisation institutionnelle ne fait pas l’unanimité. Car une autre tradition, plus ancienne et profondément enracinée, continue de coexister avec les algorithmes du CFCM.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

La Nuit du Doute : Quand la Tradition Défie les Algorithmes

Face à la rigueur scientifique du CFCM, une pratique plusieurs fois centenaire résiste et continue de structurer le calendrier religieux d’une partie de la communauté musulmane en France.

Cette tradition porte un nom évocateur : la nuit du doute. Chaque année, à la veille du début présumé du Ramadan, une commission se réunit pour observer le ciel à l’œil nu ou à l’aide d’instruments astronomiques, à la recherche du croissant lunaire annonçant l’entrée dans le neuvième mois du calendrier islamique.

En 2026, cette cérémonie s’est tenue à la Grande Mosquée de Paris le mardi 17 février à 18 heures. L’enjeu était de taille : si le croissant s’avérait visible ce soir-là, le début du jeûne pouvait être avancé au 18 février — soit un jour avant la date officielle annoncée par le CFCM. Un écart d’apparence minime, mais qui révèle une fracture de fond entre deux visions du temps sacré.

D’un côté, la prévisibilité algorithmique ; de l’autre, l’humilité de l’observation humaine face au ciel. Cette coexistence, loin d’être une simple querelle institutionnelle, reflète la diversité des pratiques au sein de l’islam de France. Plusieurs pays musulmans maintiennent d’ailleurs cette tradition d’observation directe, soucieux de ne pas dissocier le calendrier religieux de la réalité astronomique immédiate.

Cette tension entre calcul et contemplation soulève une question plus large : celle du temps lui-même, et de la façon dont le calendrier islamique évolue au fil des siècles.

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