
Selon la CNAV et l’Agirc-Arrco, il faut entre 166 et 172 trimestres pour prétendre à une retraite à taux plein, selon l’année de naissance. Pour beaucoup de comédiens, ce seuil reste hors d’atteinte, ce qui pèse durablement sur le montant de la pension de base comme sur la complémentaire.
Sur les réseaux sociaux, Isabelle Mergault s’indignait déjà pour les petites pensions, déplorant selon Programme Télévision «les retraités à 400 €». Ce n’était pas seulement de la compassion : son propre rapport à la retraite posait, lui aussi, de vraies questions.
Pourquoi les artistes cotisent moins
Les comédiens, auteurs et artistes du spectacle relèvent de régimes spécifiques où les revenus sont souvent irréguliers : cachets ponctuels, droits d’auteur, périodes d’intermittence. Chaque trimestre validé exige un seuil minimal de revenus cotisés. Résultat : une carrière longue ne garantit pas un nombre suffisant de trimestres pour atteindre le taux plein, fixé entre 166 et 172 trimestres selon la CNAV.
De 600 € à 6 000 € : l’écart vertigineux entre artistes célèbres
Les chiffres évoqués par des collègues de génération donnent la mesure des inégalités. Chantal Goya évoque une retraite d’environ 600 € mensuels et confie, d’après Blue News : «Je travaillerai jusqu’à la fin». À l’opposé, Jean-Marie Bigard revendique près de 6 000 € par mois en expliquant selon Télé Star : «J’ai une retraite qui est assez confortable».

Entre ces deux extrêmes, Danièle Evenou déclare toucher environ 2 800 € nets par mois et lâche, dans une interview citée par le Journal des Femmes : «C’est affreux». Trois carrières dans le même milieu, trois niveaux de pension radicalement différents — le reflet direct du nombre de trimestres cotisés et des régimes auxquels chacun a contribué.
Ces écarts illustrent pourquoi nombre d’artistes choisissent de ne pas liquider leur pension de retraite dès 62 ou 64 ans : continuer à travailler permet, dans certains cas, d’améliorer significativement ses droits futurs.
Le cumul emploi-retraite intégral, une porte ouverte aux artistes depuis 2023
Pour sortir de cette impasse, le droit français a prévu le cumul emploi-retraite. Selon le site Service-public.fr : «Le cumul de votre pension de retraite de base de l’Assurance retraite avec un revenu d’activité professionnelle peut être intégral ou soumis à un plafond de revenus». Le cumul intégral suppose d’avoir liquidé toutes ses pensions — en base et en complémentaire — et d’avoir atteint le taux plein ou l’âge de 67 ans.

Les activités artistiques — auteur, artiste du spectacle — font partie de celles qui peuvent être librement cumulées avec la pension, même sans taux plein. Depuis le 1er janvier 2023, une règle supplémentaire s’applique : selon Service-public.fr, «votre activité professionnelle vous permet […] de vous constituer de nouveaux droits à la retraite auprès de la caisse de retraite de base dont relève votre activité». Cette nouvelle pension est plafonnée à 2 403 € bruts par an et vient s’ajouter à la première.
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