Pour son courrier, il paie une boîte en poste restante dans un bureau de La Poste: 26,50 € pour trois mois, puis 0,80 € par lettre récupérée. Le principe est simple: La Poste conserve les lettres dans le bureau choisi jusqu’à ce que le destinataire vienne les chercher.
Ce service vise surtout les séjours temporaires, mais Francis l’utilise comme adresse principale. Depuis 2015, ses relevés et le paiement de sa retraite y arrivent, sans que la caisse de retraite s’y oppose.
2 novembre 2017: la pension d’octobre n’est jamais arrivée
En se rendant à La Poste, Francis ne trouve ni virement sur son compte, ni avis de paiement. Il appelle aussitôt la caisse de retraite à Marseille. « Ils m’ont dit que je ne pouvais pas recevoir ma retraite sur une poste restante », raconte-t-il, alors que son courrier arrive ainsi depuis deux ans.
La caisse lui oppose un décret de juin 2016 sur la domiciliation et la nécessité d’une adresse « réelle ». Pour lui, la conséquence est immédiate: un mois de pension à zéro. Il confie à la Dépêche: « Comment je fais pour vivre sans ma retraite? »
Sans cet argent, il ne peut ni acheter le gazole qui lui sert à se chauffer, ni faire ses courses. « J’ai besoin de cette retraite pour manger, pour mettre du gazole dans mon camping-car sans lequel je ne peux pas mettre le chauffage. J’ai payé mes cotisations, je suis en droit de recevoir ma retraite », insiste-t-il. Il fait quelques vacations dans une entreprise de pompes funèbres, mais sa pension reste sa seule vraie ressource.
Un décret de 2016 et un mail du ministère
La caisse oppose à Francis un décret de juin 2016 sur la domiciliation, qui exigerait une adresse réelle. Lui affirme que le ministère des Affaires sociales lui a confirmé par mail « la légalité de la poste restante ». Selon le récit de son parcours, certains organismes continuent d’accepter cette adresse, d’autres non.
Assistantes sociales, CHSCT, Défenseur des droits: une bataille de quelques semaines
Francis dit avoir déjà été cru mort, puis porté disparu, par cette même caisse. Il lui avait fallu de longues démarches pour prouver le contraire, et sa méfiance remonte à cette période.
Face au blocage, il sollicite les assistantes sociales de la caisse à Tarbes et Toulouse et saisit un délégué du CHSCT. Il prévoit d’alerter le député Jean-Bernard Sempastous et obtient un rendez-vous avec la déléguée locale du Défenseur des droits, Élisabeth Lucas.

