
C’est dans ce contexte qu’un second véhicule est venu l’emboutir violemment par l’arrière. La collision a été d’une extrême brutalité. Près de 40 sapeurs-pompiers des départements de la Loire et de la Haute-Loire ont été mobilisés sur place, accompagnés d’un hélicoptère médicalisé. La RN88 a été fermée à la circulation jusqu’à 5h30 du matin pour permettre l’intervention des secours.
Ce tronçon de route nationale est réputé pour sa dangerosité : il présente une déclivité prononcée et un tracé en courbe où la visibilité est souvent réduite. Régulièrement emprunté par des poids lourds, le maire de Saint-Ferréol-d’Auroure a rappelé, au lendemain du drame, que la zone avait déjà fait l’objet de signalements liés à des conditions de circulation difficiles.
Sept occupants dans un seul véhicule, trois vies fauchées
Le premier véhicule transportait au total sept personnes. Trois d’entre elles, des adolescentes âgées de 13, 14 et 15 ans, n’ont pas survécu au choc. Toutes étaient originaires du secteur d’Yssingeaux, en Haute-Loire. L’une des victimes blessées a dû être désincarcérée par les secours avant de pouvoir être prise en charge.

Les quatre autres occupants ont tous été hospitalisés en urgence. Un jeune homme de 20 ans a été évacué par hélicoptère vers un établissement de Lyon en urgence absolue. Deux jeunes hommes de 18 ans ont été transportés au CHU nord de Saint-Étienne, également en urgence absolue. Une jeune fille de 14 ans a été prise en charge à l’hôpital de Firminy, son état étant qualifié d’urgence relative.
Fuite à pied, interpellation et garde à vue
L’unique occupant du second véhicule, un homme d’une vingtaine d’années, n’a pas attendu l’arrivée des secours. Après le choc, il a quitté les lieux à pied, abandonnant les sept victimes dans le véhicule accidenté. Retrouvé à son domicile quelques heures plus tard, dans la matinée du samedi, il a été interpellé et placé en garde à vue.

Son test d’alcoolémie s’est révélé positif. Son état de santé n’a pas nécessité d’hospitalisation. Selon les premiers éléments communiqués, le conducteur n’avait pas de casier judiciaire.
Le parquet du Puy-en-Velay a ouvert une enquête pour homicide routier, blessures involontaires par conducteur et délit de fuite. Ces trois chefs cumulés reflètent la gravité des faits reprochés : une conduite sous l’empire de l’alcool, une collision mortelle, et l’abandon des victimes sur les lieux du drame.
Qu’est-ce que l’homicide routier ?
Créée par la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025, l’infraction d’homicide routier distingue explicitement les accidents mortels liés à des comportements dangereux délibérés — conduite sous alcool, excès de vitesse, usage du téléphone — de l’homicide involontaire classique. Elle prévoit des peines pouvant atteindre dix ans d’emprisonnement lorsque plusieurs circonstances aggravantes sont cumulées. Cette loi répond à une longue demande des associations de victimes de la route.
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