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30 août 2026
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Rodéos urbains : Ségolène Royal propose de créer une école de cascadeurs plutôt que de détruire les deux-roues saisis

Le volet éducatif s’articule autour d’internats scolaires où motards et gendarmes assureraient la supervision. « Vous les remettez à l’école, vous les faites encadrer », précise l’ancienne ministre. L’objectif : réinsérer ces décrocheurs tout en valorisant leurs compétences motrices plutôt que de les nier.

Mais Royal va plus loin. Elle envisage une formation aux métiers du deux-roues, notamment garagiste, secteur en pénurie chronique de main-d’œuvre. Un débouché professionnel immédiat qui transformerait une pratique illégale en expertise reconnue.

Le clou du dispositif ? Une école de cascadeurs pour le cinéma français. Les plus talentueux pourraient ainsi professionnaliser leur maîtrise technique dans une industrie qui manque cruellement de spécialistes. Ce que la société condamne comme dangereux deviendrait alors un atout valorisé et rémunéré.

Un projet ambitieux qui suppose des moyens conséquents et une volonté politique de privilégier l’éducatif au répressif. Reste une question : ces jeunes accepteraient-ils d’échanger la liberté du bitume contre la discipline d’un internat ?

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

La Crainte Du Basculement Dans Le Trafic

Derrière cette architecture éducative se cache une conviction : la répression actuelle fabrique des délinquants plutôt qu’elle n’en empêche. Royal pointe du doigt la pratique du broyage des deux-roues saisis, mesure spectaculaire censée dissuader les récidives. « Vous les mettriez sur un circuit qui n’est pas utilisé… Au lieu de ça, on réprime », dénonce-t-elle avec une pointe d’amertume.

Pour l’ancienne ministre, cette logique du tout-répressif pousse directement ces jeunes vers le trafic de drogue. Privés de leur passion, sans perspective ni alternative, ils basculent dans une économie parallèle autrement plus lucrative et dangereuse. Le rodéo urbain, malgré ses risques avérés et ses victimes, resterait selon elle un symptôme moins grave que la délinquance organisée qui guette.

Elle ne nie pas les dangers. « C’est très dangereux. Il y a même eu des morts », reconnaît-elle. Mais plutôt que de combattre le symptôme par la force, elle plaide pour traiter la cause : l’absence d’horizon pour des jeunes en quête d’adrénaline et de reconnaissance.

La critique est cinglante. En détruisant les motos saisies devant les caméras, l’État envoie un message de fermeté qui rassure l’opinion. Mais dans les quartiers, ces opérations coup de poing laissent des adolescents désœuvrés, vulnérables aux sollicitations des réseaux criminels.

Cette vision heurte frontalement la doctrine sécuritaire dominante, qui privilégie la sanction immédiate à l’accompagnement de long terme.

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