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17 septembre 2026
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Rodéos urbains : Ségolène Royal propose de créer une école de cascadeurs plutôt que de réprimer les jeunes

Un Programme Concret : Internat, Formation Et Débouchés Professionnels

Royal ne s’en tient pas aux principes. Elle détaille un dispositif précis : « Vous les mettriez sur un circuit qui n’est pas utilisé, genre Montlhéry ? Vous faites un internat scolaire, vous les remettez à l’école, vous les faites encadrer par des motards, par des gendarmes. » L’idée consiste à canaliser l’adrénaline sur des infrastructures délaissées, sous surveillance d’autorités légitimes. Ce cadre structuré offrirait un double avantage : maintenir l’intensité de la pratique tout en imposant des règles de sécurité strictes.

L’ancienne ministre ne s’arrête pas à l’encadrement sportif. Elle propose une formation professionnelle complète : « Vous leur donnez en plus une formation de conducteur. Vous pouvez très bien les mettre dans les métiers comme garagistes, il en manque. » Ce lien avec un secteur en pénurie de main-d’œuvre transforme la passion en compétence monnayable. Et pour les plus doués ? « Vous faites une école de cascadeurs pour le cinéma français. » L’idée paraît audacieuse, mais elle repose sur une logique implacable : ces jeunes maîtrisent déjà la conduite acrobatique, autant valoriser cette expertise dans un cadre légal et rémunérateur. Reste à savoir si cette vision pragmatique peut convaincre un gouvernement qui privilégie la sanction immédiate.

Image d'illustration © TopTenPlay
Image d’illustration © TopTenPlay

L’Enjeu Du Trafic De Drogue Et La Question De La Faisabilité

Derrière cette architecture éducative se cache un avertissement plus sombre. Royal pointe le danger d’une répression sans issue : « Au lieu de ça, on réprime. » Elle redoute que le broyage des deux-roues saisis ne précipite ces jeunes vers une alternative plus néfaste : le trafic de drogue. Confisquer la passion sans offrir de substitut crée un vide. Un vide que les réseaux criminels savent remplir avec une efficacité redoutable. L’ancienne ministre assume sa position : mieux vaut transformer ces conducteurs téméraires en professionnels encadrés que les abandonner aux « griffes du trafic ».

Reste la question brutale de la faisabilité politique. La proposition séduit par sa cohérence, mais se heurte à la ligne gouvernementale actuelle. Alors que Laurent Nunez prépare un arsenal de sanctions renforcées, l’idée d’investir dans des internats et des circuits semble relever de l’utopie. Le contexte sécuritaire impose le visible et l’immédiat : suspension de permis, saisie de véhicules. Royal défend une logique inverse, qui parie sur le temps long et l’investissement humain. Son discours questionne en filigrane : que coûte réellement la répression quand elle transforme des passionnés en délinquants ? La réponse dépendra moins de la pertinence du projet que de la volonté politique de changer de paradigme.

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