
La Passion Comme Point De Départ D’Une Solution Éducative
« Les gamins à qui on prend les deux roues, c’est une passion ! C’est déjà formidable d’avoir des jeunes qui ont une passion », affirme Ségolène Royal. Cette lecture psychologique tranche avec le discours ambiant. Là où la plupart des responsables politiques ne voient que dangerosité et inconscience, l’ancienne ministre repère l’étincelle d’un engagement, certes mal orienté, mais authentique. Elle ne minimise pas les risques : « Évidemment, ils font n’importe quoi. C’est très dangereux. Il y a même eu des morts. » Mais elle refuse de s’arrêter au constat sécuritaire.
Sa critique vise précisément l’impasse de la répression pure : « Mais il faut les sortir des quartiers. Au lieu de ça, on réprime. » Pour Royal, retirer les deux-roues sans offrir d’alternative revient à éteindre une flamme qui pourrait éclairer un parcours professionnel. Cette approche sociologique révèle une conviction : ces jeunes ne manquent pas de motivation, mais d’encadrement et de débouchés légitimes. En transformant leur passion destructrice en projet structuré, on éviterait qu’ils basculent vers des activités autrement plus néfastes. Une vision qui suppose de voir en eux non des cas perdus, mais des talents en attente de reconnaissance.

Un Programme Concret : Internat, Formation Et Débouchés Professionnels
Royal ne s’en tient pas aux principes. Elle détaille un dispositif précis : « Vous les mettriez sur un circuit qui n’est pas utilisé, genre Montlhéry ? Vous faites un internat scolaire, vous les remettez à l’école, vous les faites encadrer par des motards, par des gendarmes. » L’idée consiste à canaliser l’adrénaline sur des infrastructures délaissées, sous surveillance d’autorités légitimes. Ce cadre structuré offrirait un double avantage : maintenir l’intensité de la pratique tout en imposant des règles de sécurité strictes.
L’ancienne ministre ne s’arrête pas à l’encadrement sportif. Elle propose une formation professionnelle complète : « Vous leur donnez en plus une formation de conducteur. Vous pouvez très bien les mettre dans les métiers comme garagistes, il en manque. » Ce lien avec un secteur en pénurie de main-d’œuvre transforme la passion en compétence monnayable. Et pour les plus doués ? « Vous faites une école de cascadeurs pour le cinéma français. » L’idée paraît audacieuse, mais elle repose sur une logique implacable : ces jeunes maîtrisent déjà la conduite acrobatique, autant valoriser cette expertise dans un cadre légal et rémunérateur. Reste à savoir si cette vision pragmatique peut convaincre un gouvernement qui privilégie la sanction immédiate.
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