Mais un témoignage relayé par le magazine People à partir d’un post Reddit illustre jusqu’où ce silence peut aller. Une femme américaine mariée depuis peu, en couple depuis neuf ans, raconte que son mari n’a jamais indiqué combien il gagne par an, ni donné la moindre visibilité sur ses finances. Pourtant, le couple vit dans une maison à sept chiffres et roule en voitures de luxe. Elle travaille à temps partiel, s’occupe des tâches ménagères et règle les courses environ la moitié du temps — sans jamais savoir sur quelle base repose l’équilibre de leur foyer.
Quand le secret dépasse la gêne : les signes d’une emprise financière
Dans le cas de cette femme, le silence sur les revenus s’accompagne d’une logique bien plus structurée. Son mari a acheté seul leur nouvelle maison — une décision présentée après coup comme une surprise. « Il l’a présentée comme une surprise, je l’avais visitée avant et je l’aimais beaucoup, mais je n’ai pas été incluse dans la décision », explique-t-elle. Une absence de consultation qui, sur un bien immobilier de cette ampleur, n’est pas anodine.

Il l’a également dissuadée d’accepter un poste à six chiffres pour pouvoir, selon lui, voyager plus souvent. Et refuse de lui montrer le moindre relevé de compte. Ce cumul de comportements — opacité financière, décisions unilatérales, pression exercée sur sa carrière — trace le contour d’un déséquilibre de pouvoir difficile à ignorer.
Pour le site MoneyVox, un partenaire qui profite de cette opacité tout en contrôlant les choix de l’autre peut entrer dans une forme de violence économique. Ce type de violence, moins visible que les violences physiques, est pourtant reconnu juridiquement en France depuis la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes au sein du couple. Il peut recouvrir le contrôle des dépenses, l’interdiction de travailler, ou la mise sous dépendance financière délibérée.
La violence économique, une réalité juridique en France
En France, la violence économique au sein du couple est reconnue depuis la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites aux femmes. Elle peut prendre de nombreuses formes : interdire à l’autre de travailler, contrôler entièrement les dépenses du foyer, ou créer délibérément une situation de dépendance financière. Cette reconnaissance légale permet, dans les cas les plus graves, d’engager la responsabilité pénale du conjoint auteur de ces agissements.
Les signaux d’alarme à ne pas ignorer
Sur Reddit, les réactions au témoignage ont été vives. Un internaute a résumé l’enjeu juridique avec une clarté froide : « Il a acheté la maison avant que tu te maries, donc si vous divorcez, ce sera considéré comme un bien prénuptial et tu n’auras aucun droit dessus. » Pour beaucoup de commentateurs, le refus total de transparence n’est plus une simple pudeur, mais une stratégie pour verrouiller le patrimoine.

Plusieurs signaux reviennent régulièrement lorsqu’un conjoint refuse de parler de son salaire tout en gardant la main sur les finances du foyer. Aucune idée, même approximative, de ce que gagne l’autre est le premier d’entre eux. À cela s’ajoutent des réactions hostiles ou moqueries lorsque la question est posée — « tu es vénale », « ça ne te regarde pas » — qui ont pour effet de culpabiliser celui ou celle qui ose demander.
Articles suggérés
62 milliards d’euros collectés: où va l’argent de la Journée de solidarité?
Née de la canicule meurtrière de 2003, la Journée de solidarité a permis de collecter approximativement 62 milliards d'euros depuis sa création, selon un…

