Suivez-nous
30 juin 2026

Sarkozy au G8 : pourquoi la vidéo qui le montre « ivre » ne veut pas disparaître

Cette version se heurte à un démenti formel. Jean-David Levitte, alors conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy et présent lors de l’entretien, décrit une réunion radicalement différente. Selon lui, « il n’y a eu aucun échange d’insultes », et il évoque même une « discussion badine et gastronomique » au cours de laquelle Poutine aurait dit à Sarkozy : « Toi aussi tu es addict au chocolat ! » Deux témoins directs, deux récits irréconciliables.

Une troisième hypothèse, moins médiatisée, a été avancée par le journaliste Michaël Darmon sur Sud Radio : Sarkozy traversait à cette période une séparation conjugale difficile avec Cécilia, dont le divorce sera prononcé en octobre 2007. Cet état personnel aurait pu peser sur son comportement lors de la conférence de presse, indépendamment de tout affrontement diplomatique.

Publicité

Anna Politkovskaïa, le nom qui fâche

La journaliste russe Anna Politkovskaïa, correspondante du quotidien Novaïa Gazeta, avait été assassinée le 7 octobre 2006 à Moscou. Ses enquêtes sur la guerre en Tchétchénie lui avaient valu de nombreuses menaces. Son meurtre, dont les commanditaires n’ont jamais été officiellement établis, pesait lourd sur Poutine au moment du G8 de juin 2007. Que Sarkozy ait choisi d’en parler lors d’un entretien bilatéral avec le président russe, selon le récit de Nicolas Hénin, est un acte politique dont les conséquences — si ce récit est exact — se lisaient quelques minutes plus tard sur son visage.

Dans ses mémoires, Sarkozy se défend… et avoue un autre épisode

Publié en 2020, le livre de Nicolas Sarkozy intitulé Le Temps des tempêtes revient sur cet épisode avec une certaine précision. L’ex-président nie catégoriquement toute ivresse lors du G8 et s’en prend directement au montage de la vidéo : « J’y apparaissais, il faut bien le dire, physiquement assez étrange. Le montage était si bien réalisé que moi-même j’aurais pu en être abusé. » Il affirme n’avoir pas touché une seule goutte d’alcool ce jour-là.

Dans ses mémoires, Sarkozy se défend... et avoue un autre épisode
Image d’illustration © TOPTENPLAY

Dans le même ouvrage, il s’explique sur un autre incident devenu culte : la phrase « casse-toi pauvre con », prononcée au Salon de l’agriculture face à un visiteur qui refusait de lui serrer la main. Il reconnaît avoir été « en mauvais état physique » ce jour-là, tout en réfutant là encore tout lien avec l’alcool.

Mais Sarkozy va au-delà de la simple défense. Il reconnaît, dans ce même livre, un épisode qu’il est lui-même le seul à avoir rendu public : lors d’un dîner d’État à Londres en 2008, il aurait confondu un verre de gin avec un verre d’eau et l’aurait vidé en entier. L’incident n’avait jamais filtré dans la presse à l’époque. Cette confession volontaire, glissée dans un récit de défense globale, lui confère une ambiguïté particulière : en avouant ce qu’on ne lui reprochait pas, Sarkozy tente de mieux décrédibiliser les accusations qu’il conteste.

Publicité

Une image qui ressurgit à chaque rebondissement judiciaire

La persistance de cette vidéo sur les réseaux sociaux est indissociable du contexte judiciaire qui entoure Nicolas Sarkozy. En septembre 2025, l’ancien président a été condamné dans le cadre de l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 — la même année que le G8 de Heiligendamm. Le tribunal l’a condamné à cinq ans de prison et à une amende de 100 000 euros.

Partager sur Facebook