
Un élément bouleverse rapidement la thèse de la simple fugue : un témoin affirme avoir vu, vers 23h, la petite fille tenir la main d’un homme et marcher avec lui vers l’obscurité. C’est la dernière image connue de Sharon avant sa disparition.
La mère de la fillette, inquiète, va vérifier sa présence dans sa chambre et constate qu’elle n’y est plus. La police est alertée à 1h35 du matin. Le commissaire Oreldman souligne d’emblée la gravité de la situation : le campement se trouve à proximité de la rivière Todd, un lieu où un enfant peut facilement s’égarer — et ne pas être retrouvé. « Nous ignorons si elle a accès à l’eau. Le temps qui passe est inquiétant », déclare-t-il.
Jefferson Lewis, un récidiviste libéré une semaine avant les faits
Jefferson Lewis, 47 ans, est l’homme que le témoin affirme avoir vu partir avec Sharon. Son profil inquiète les enquêteurs : il venait d’être libéré de prison une semaine seulement avant la nuit du drame.

Son casier judiciaire est lourd. Entre 2016 et 2025, Lewis a accumulé des condamnations pour agression, violation d’ordonnances de restriction et résistance à la police. La police s’est rapidement rendue sur le lieu des faits, qu’elle a sécurisé comme une scène de crime.
Les enquêteurs y ont saisi plusieurs éléments déterminants : une couette et sa housse, la chemise jaune distinctive portée par Lewis ce soir-là, ainsi qu’un sous-vêtement d’enfant. Ces trois pièces à conviction ont été acheminées en urgence au laboratoire médico-légal de Darwin pour analyse.
Les autorités sont convaincues que Lewis se cache toujours dans la région, mais sa traque est rendue difficile par l’absence totale de traces numériques. Pire : la police suspecte que des membres de la communauté détiendraient des informations sur sa localisation, sans les transmettre aux enquêteurs.
Une opération de recherche d’une ampleur rare dans l’outback
Face à l’urgence, les autorités australiennes ont déployé des moyens considérables. Plus de 100 bénévoles ont rejoint les forces de l’ordre sur le terrain, aux côtés de renforts policiers venus d’Australie-Occidentale et du Queensland. Des trackers aborigènes, dont le savoir-faire en milieu désertique est reconnu, ont également été mobilisés.

Les hélicoptères ont survolé une zone de plus de 80 km², tandis que 5 km² ont été fouillés à pied. La nuit, des drones équipés de caméras à imagerie thermique ont pris le relais pour maintenir les recherches sans interruption.
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