
Quand Deux Galaxies Fusionnent Et Créent Un « Gigamaser »
Le rayonnement détecté trouve son origine dans une collision galactique d’une violence extrême. Lorsque deux galaxies entrent en contact, leurs nuages de gaz moléculaire se compriment brutalement sous l’effet des forces gravitationnelles. Cette compression génère des conditions physiques qui excitent les molécules d’hydroxyle, lesquelles libèrent alors leur énergie sous forme de rayonnement radio cohérent. Le processus s’apparente à celui d’un laser, mais à l’échelle cosmique.
Dans la zone de fusion de HATLAS J142935, le taux de formation stellaire atteint plusieurs centaines de masses solaires par an. Ce rythme effréné alimente le mécanisme d’émission en maintenant les molécules dans un état excité permanent. Les environnements riches en gaz et en poussières, là où les sursauts de formation stellaire se déclenchent, constituent le terrain privilégié de ces mégamasers hydroxyles.
L’intensité du signal capté dépasse celle de tous les mégamasers connus à ce jour. Face à cette luminosité record, l’équipe de Glowacki propose de créer une nouvelle catégorie : les gigamasers. Cette classification inédite témoigne de la puissance des processus à l’œuvre dans les régions centrales des galaxies en fusion, où la matière subit des transformations d’une brutalité inouïe.
L’étude de ces émissions radio permet de cartographier la distribution du gaz moléculaire dans les galaxies lointaines. Les astronomes y voient un outil précieux pour comprendre comment les fusions galactiques influencent l’évolution cosmique. Cette découverte ouvre désormais la voie à une chasse systématique d’objets similaires dissimulés aux confins de l’univers observable.
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