📌 Silicone interdit injecté 13 fois à Dubaï : comment Yohan Perani a obtenu le remboursement de son opération par la Sécurité sociale
Posted 20 février 2026 by: Admin

Yohan Perani : Portrait d’un Influenceur Aspiré par la Spirale des Lèvres XXL
Treize injections. Pas une ou deux, comme beaucoup d’adeptes discrets de la médecine esthétique — treize interventions aux lèvres, enchaînées au fil des mois, jusqu’au point de non-retour. C’est le témoignage que livre Yohan Perani dans une interview accordée à l’influenceur Sam Zirah, rapidement relayée sur les réseaux sociaux et qui a depuis enflammé les commentaires.
Connu pour ses transformations esthétiques assumées, le jeune homme ne minimise rien. Quand Sam Zirah lui pose la question frontalement, la réponse fuse : « Ah oui, oui, c’est vrai. C’est énorme. » Un aveu sans détour, presque désarmant, qui plante le décor d’un parcours bien plus sombre qu’il n’y paraît.
Car derrière la franchise se cache une mécanique implacable. Yohan Perani décrit lui-même un « cercle vicieux » : au début, le volume plaît, l’effet séduit. Puis le produit se résorbe, le résultat s’efface, et l’envie de recommencer s’installe. « Tu continues, tu continues, tu continues, je t’arrête plus », résume-t-il, avec une lucidité qui tranche avec la légèreté apparente du propos.
Ce témoignage brut illustre un phénomène de plus en plus documenté : l’addiction esthétique, cette quête compulsive d’un idéal de beauté qui se dérobe à mesure qu’on croit l’approcher. Pour Yohan, cette spirale ne s’est pas arrêtée aux frontières françaises — elle l’a conduit bien au-delà, avec des conséquences médicales auxquelles il n’était manifestement pas préparé.

De l’Acide Hyaluronique au Silicone à Dubaï : Comment Il a Franchi la Ligne Rouge Sans le Savoir
Cette spirale, Yohan Perani ne l’a pas seulement vécue dans sa tête — il l’a mesurée en millilitres. Un ml d’acide hyaluronique lors d’une première séance, puis un autre deux semaines plus tard. « Donc, ça faisait deux ml en rien de temps », reconnaît-il. L’escalade des doses suit une logique simple : le produit se résorbe, le volume disparaît, et la tentation de compenser s’impose d’elle-même.
Pour échapper à cette course permanente, l’influenceur cherche alors un résultat plus durable. C’est là que le récit bascule. Lors d’une intervention réalisée à Dubaï, du silicone lui aurait été injecté — à son insu, affirme-t-il. Un détail capital : le silicone injectable est strictement interdit en France depuis 2000. « C’est strictement interdit en France de mettre du silicone, mais je l’ai mis à Dubaï sans le savoir », dit-il, résumant en une phrase l’angle mort du tourisme médical non encadré.
De retour sur le territoire français, les doutes s’accumulent. La hyaluronidase — traitement standard pour dissoudre l’acide hyaluronique — s’avère inefficace. Un examen d’imagerie confirme alors le diagnostic : le silicone est bien là, logé dans ses lèvres. Le médecin lui annonce ce que personne ne voulait entendre : impossible de dissoudre, impossible de revenir en arrière par les voies classiques. Une seule option reste sur la table.

Une Chirurgie à 2 300 Euros, Cicatrices Incluses : le Prix Fort d’un Retour à la Normale
Cette unique option, c’est le bistouri. Pour extraire le silicone logé dans ses lèvres, Yohan Perani doit subir une intervention chirurgicale : incisions internes sur la lèvre supérieure et inférieure, sous anesthésie locale. Le résultat, inévitable : des cicatrices permanentes. « Il m’opère à l’intérieur de la lèvre, en dessous, supérieure, inférieure, ils vont me retirer le silicone, sauf qu’ils te font une cicatrice », décrit-il avec une lucidité désarmante.
Le coût total s’élève à environ 2 300 euros — une somme qui contraste brutalement avec la légèreté apparente de chaque injection initiale, quelques centaines d’euros à la séance. Ce que l’on croyait être une retouche rapide s’est transformé en intervention médicale lourde, avec toutes les contraintes qui en découlent : un mois de convalescence, une absence annoncée des réseaux sociaux, une reconstruction physique et psychologique.
Car derrière le chiffre, c’est l’aveu le plus poignant de l’interview qui résonne : « Moi, sans lèvre, je me déteste. » Trois mots suffisent à révéler la profondeur du mal-être sous-jacent — celui qui, dès le départ, a alimenté la spirale. Le prix fort de ce retour à la normale ne se mesure pas uniquement en euros ni en cicatrices, mais dans cette phrase qui dit tout sur les ressorts psychologiques d’une dépendance esthétique. Et c’est précisément ce dossier médical constitué autour de ces complications qui va soulever une question bien plus explosive.

Remboursé par la Sécu : Scandale ou Simple Application de la Loi ?
C’est précisément ce dossier médical constitué autour des complications qui déclenche la polémique la plus vive. Yohan Perani l’annonce sans détour : son opération est prise en charge par l’Assurance maladie. La toile s’embrase. Lui assume, sans fausse pudeur : « Ça fait un scandale d’ailleurs. Mais moi, je vais pas cracher dessus. » Et d’ajouter : « Personne va dire, je paye. C’est pas moi qui décide les lois. »
La réalité juridique, pourtant, est plus nuancée que l’indignation collective ne le laisse croire. En France, les injections esthétiques aux lèvres — acide hyaluronique, lip-lift — ne sont pas remboursées. La prise en charge n’est possible que si l’acte est requalifié en chirurgie réparatrice : malformation, séquelles d’accident ou complication médicale avérée, après accord du médecin-conseil de la Caisse.
Or, le silicone injectable à visée esthétique est interdit en France depuis 2000. Son retrait chirurgical, rendu médicalement nécessaire, bascule donc dans le registre de l’acte médical — et non cosmétique. Le dossier de Yohan Perani semble avoir été accepté dans ce cadre précis.
Le vrai scandale n’est donc pas le remboursement lui-même, mais ce qu’il révèle : un système de santé contraint de réparer les dégâts d’un tourisme médical non encadré, pratiqué dans des pays où les réglementations françaises ne s’appliquent pas.










